Le Panel intègre une hausse des taux Fed en décembre
Les panélistes continuent en revanche de parier sur l’inertie de la partie longue de la courbe des rendements américains.
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Patrick Aussannaire
La Fed a tenue sa dernière réunion les 19 et 20 septembre 2017.
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Bloomberg
Les membres de la Fed ont été clairs. Une hausse des taux de 25 pb est bien dans les tuyaux pour la réunion du FOMC du 13 décembre prochain, et sa politique de resserrement monétaire se poursuivra à un rythme progressif au cours de l’année prochaine, malgré le démarrage dès cette semaine de son processus de réduction de la taille de son bilan. Les panélistes interrogés par L’Agefi en ont pris acte dans leurs prévisions de taux Fed funds, révisées à la hausse depuis le mois dernier, à l’instar de celles de marchés. Ils accordent désormais une probabilité de hausse de taux Fed funds en décembre de 67%, après être tombée à 22% avant la dernière réunion du FOMC, leur anticipation d’une unique hausse sur 2018 restant cependant bien plus prudente que celle dressée par les dots de la Fed.
Fin de cycle ?
Les membres du Panel Taux anticipent cependant une inertie des rendements longs à environ 2,60% sur le 10 ans à horizon 6 mois. Les Treasuries ont pourtant commencé à s’ajuster au discours de la présidente de la Fed indiquant que «si un resserrement progressif de la politique monétaire est approprié, (…) il faut se méfier de ne pas agir trop progressivement». Le rendement s’est ainsi tendu de 20 pb sur le 2 ans depuis le 7 septembre à 1,46%, son plus haut niveau depuis octobre 2008. Le 10 ans a réagi encore plus vivement sous l’effet de la nouvelle version du projet de réforme fiscale présenté mercredi dernier par Donald Trump prévoyant la baisse du taux d’impôt sur les sociétés de 35% à 20%, et l’exemption fiscale pour le rapatriement des profits stockés à l’étranger, avec une hausse de 27 pb sur la période.
A court terme, «le marché ne semble toujours pas convaincu que la Fed livrera les hausses des taux suggérées par ses dots, beaucoup d’investisseurs craignant que les Etats-Unis soient déjà en fin de cycle, et que la conjonction de hausses de taux prévues par la Fed et de la réduction de la taille de son bilan conduisent à une hausse du dollar, et à un durcissement excessif des conditions monétaires», explique Natixis.
Si le rythme de hausse de l’indice de prix PCE sous-jacent a reculé à 1,3%, le président de la Fed de New York William Dudley a indiqué que l’effet de la baisse du dollar sur les prix à l’importation et la dissipation de facteurs temporaires devraient ramener l’inflation vers 2%, alors que le risque d’un taper tantrum lié au vote d’une réforme fiscale et de la réduction du bilan de la Fed est encore loin d'être écarté.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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