Le Nasdaq fait son mea culpa sur l’introduction de Facebook
L’introduction en bourse de Facebook sur le Nasdaq, qui sonnait comme une victoire pour la plate-forme électronique face au New York Stock Exchange (Nyse), n’a pas eu les retombées escomptées. Au contraire. Face à un afflux massif d’ordres, la cotation du réseau social a dû être retardée d’une demi-heure en raison d’une anomalie technique vendredi, provoquant de vives critiques.
«Confus», Robert Greifeld, directeur général du Nasdaq, a reconnu la réalité de «ces problèmes» et a promis des «améliorations par rapport à la performance réalisée vendredi». Le dirigeant explique cet épisode fâcheux par un retard de deux millisecondes dans le calcul du prix d’ouverture, ayant généré des annulations d’ordres. Le groupe a annoncé une révision de son circuit de mise en Bourse.
Robert Greifeld a assuré que ces problèmes «n’avaient pas eu de conséquence sur le cours de l’action» Facebook. Près de 82 millions de titres ont été échangés dans les premières secondes de cotation, et 580 millions lors de la séance de vendredi. Mais le Nasdaq, dont le titre a reculé de 4,4% vendredi, entend rembourser les investisseurs concernés par ces anomalies pour un montant global pouvant atteindre 13 millions de dollars (10,2 millions d’euros). De son côté, la Securities and Exchange Commission (SEC) va réexaminer les problèmes des transactions sur Facebook.
Cet incident intervient plusieurs semaines après l’abandon par l’opérateur Bats de sa propre cotation suite à des problèmes techniques et joue en faveur du Nyse, qui, à défaut d’avoir remporté l’introduction de Facebook, a convaincu les sociétés technologiques LinkedIn ou Pandora.
Au-delà du Nasdaq, un autre acteur a été pointé du doigt. La banque chef de file de l’opération Morgan Stanley aurait faussé la donne en soutenant le cours du titre (en hausse de 0,6% vendredi), selon des sources citées par Reuters. La banque, qui s’est refusée à tout commentaire, pourrait ainsi avoir dépensé plus de deux milliards de dollars en achetant les 63 millions d’actions composant l’option de surallocation.
Alors que Facebook cédait plus de 10% lundi, la moins-value constatée hier par la banque s’élèverait dès lors à plus de 200 millions. Morgan Stanley semble par ailleurs avoir fait cavalier seul dans ce processus, limitant l’information transmise aux trente-deux autres banques conseil de l’opération, parmi lesquelles Goldman Sachs et JPMorgan.
Plus d'articles du même thème
-
ABP ajoute 3 milliards d'euros d'hypothèques dans son portefeuille
Cette transaction constitue l'une des plus importantes acquisitions de portefeuilles hypothécaires aux Pays-Bas ces dernières années, selon son gestionnaire APG. -
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt