Le montant des fusions et acquisitions en Russie est au plus haut depuis 2007
Le secteur de l’énergie explique en grande partie le rebond des fusions et acquisitions en Russie cette année. Entre le 1er janvier et le 7 novembre 2012, les transactions annoncées sur des cibles russes, tous secteurs confondus, «ont progressé en valeur de 64% pour atteindre près de 111 milliards de dollars répartis sur 1.941 opérations», selon les chiffres de Dealogic. Ce montant est au plus haut depuis 2007, année où les fusions avaient atteint sur la même période 133 milliards à travers 714 opérations. Citigroup, suivi par BoA Merrill Lynch et Goldman Sachs ont été les banques conseils les plus actives dans ce pays depuis janvier dernier.
La valeur des transactions dans l’énergie a presque quintuplé d’une année sur l’autre à 68,9 milliards, ce qui représente plus de 62% du montant global. L’offre de rachat de TNK-BP par Rosneft pour 55 milliards de dollars, annoncée le 22 octobre, contribue donc à elle seule à presque la moitié des fusions annoncées en Russie depuis le début de l’année.
Des négociations entre le pétrolier russe et une vingtaine de banques sont en cours pour le financement de cette acquisition. Selon des sources bancaires, ces discussions porteraient sur l’octroi d’un crédit syndiqué «compris entre 25 et 35 milliards de dollars», la moitié des établissements étant susceptibles de s’engager sur un montant unitaire de 2,5 milliards. Compte tenu de l’intérêt des prêteurs potentiels, Rosneft pourrait arranger lui-même le montage du prêt qui n’aurait pas besoin d’être garanti, ce qui permettrait au pétrolier d’obtenir de meilleures conditions financières. Les établissements de crédit se rattraperaient à l’occasion d’une émission obligataire qui se substituerait l’an prochain au crédit-relais utilisé pour financer une partie de l’opération.
Si le pétrole figure aux avant-postes de ce mouvement, l’industrie gazière n’est pas en reste, comme le prouve le rachat tout juste annoncé de 49% de Nortgas par Novatek pour 1,4 milliard de dollars, qui devrait être bouclé avant fin 2012. Deuxième groupe gazier du pays après le géant public Gazprom, Novatek se renforcera ainsi dans des gisements situés dans le grand Nord russe, où il est notamment associé à Total. La participation rachetée appartenait à Redi, véhicule d’investissement de l’homme d’affaires Farkhad Akhmedov, Gazprom conservant sa part majoritaire de 51%.
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