Le marché scrutera la BFI des banques françaises

Les provisions sur la Grèce seront aussi regardées de près en cette semaine de résultats
Florent Le Quintrec

BNP Paribas donnera demain le coup d’envoi des résultats semestriels des banques françaises cotées dans un contexte de marché toujours tendu, suivie de la Société Générale et de Natixis, en attendant le Crédit Agricole le 25 août. Après le lot de mauvaises surprises dévoilées par bon nombre de leur concurrentes étrangères et la nervosité persistantes des investisseurs, elles devront jouer la transparence. Entre les inquiétudes sur les dettes souveraines, les mauvais résultats de certaines banques d’investissement et les marges tirées de l’activité commerciale, les attentes sont nombreuses.

Les investisseurs seront d’abord particulièrement attentifs aux performances des activités de banque d’investissement. Alors que Goldman Sachs, UBS ou encore Credit Suisse ont accusé d’importantes baisses de revenus en trading, surtout dans le fixed income, le marché attend de savoir si les banques françaises ont connu le même sort.

«A priori, leur moindre exposition à ces activités devrait limiter la casse, prévoit Pierre Flabbée chez Kepler. On ne devrait pas avoir de mauvaises surprises de cette ampleur.» Pour rappel, Credit Suisse avait annoncé jeudi une chute de 71% sur un an du bénéfice avant impôt de ses activités de banque d’investissement. «La baisse dans le fixed income devrait être moins forte. On peut attendre entre -20% et 30%», estime un analyste.

Au regard des récentes annonces de programmes de réductions de coûts, et notamment de coupes drastiques d’effectifs, de la part de leur concurrentes internationales, les banques françaises devront à leur tour faire un point sur la manière dont elles comptent maîtriser leurs dépenses. Toutefois, les annonces de suppressions de postes sont peu probables. «Ce qui est possible, c’est de différer les embauches», avance Pierre Flabbée.

Vient ensuite le cas grec. Les banques devront aborder les dépréciations et provisions liées à la décote de la dette souveraine du pays. Si le Crédit Agricole et BPCE ont déjà annoncé que les impacts du plan de soutien dans leurs comptes s’élèveraient respectivement à environ 150 millions et 100 millions d’euros, l’addition risque d’être beaucoup plus salée pour BNP et la Société Générale. L’exposition susceptible d’être dépréciée chez la première serait de moins de 4 milliards d’euros, soit en appliquant un taux de 21% des provisions de moins de 840 millions d’euros. Elles s’élèveraient à 350 millions chez la seconde, selon Pierre Chedeville chez CM-CIC.

Les activités de banque de détail seront également scrutées afin d’évaluer les marges réalisées après un premier trimestre de bonne facture. «Il y a une base de comparaison qui va devenir de plus en plus difficile pour les activités de réseau, notamment en France, au fur et à mesure de l’année», prévient Pierre Flabbée.

Dans le cadre de la mise en place des règles de Bâle 3, les investisseurs observeront également l’évolution de ratios de capital. Les analystes se montrent dans l’ensemble optimistes à ce sujet. Pierre Chedeville estime que la bonne gestion des risques et la capacité tarifaire des banques leur permettent d’augmenter leur core tier one de 60 à 100 points de base par an.

Pour le reste, les attentes du marché se font au cas par cas. La Société Générale, en particulier, devra sans doute faire un point sur le rétablissement de ses activités à l’étranger, qui avaient souffert au premier trimestre, et notamment sur les profils de risque de la Roumanie et la Russie.

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