Le marché primaire du crédit touche un point bas de cinq ans
Alors que la remontée des taux inquiète, le mois d’août, sur le point de se terminer, a été particulièrement calme sur le marché mondial du crédit des entreprises. Selon les chiffres de Dealogic, le volume des émissions classées dans la catégorie d’investissement est tombé au plus bas depuis cinq ans.
Le montant global émis par les entreprises les mieux notées en août équivalait hier à 63 milliards de dollars, grâce à 193 opérations. C’est presque deux fois moins qu’au cours du mois d’août dernier où le montant des émissions avait atteint 121 milliards de dollars via 377 opérations. Il faut remonter à août 2008 pour trouver des volumes plus faibles : le mois précédant la chute de Lehman Brothers, les entreprises bien notées avaient émis seulement 45 milliards de dollars.
Ce ralentissement sur le marché primaire obligataire traduit notamment les inquiétudes des émetteurs et des investisseurs vis-à-vis de la hausse des taux américains. Le 22 mai dernier, le patron de la Réserve Fédérale, Ben Bernanke, annonçait que la banque centrale pourrait ralentir progressivement ses achats d’actifs avant de mettre fin à la politique d’assouplissement quantitatif l’année prochaine. Les taux américains, qui étaient encore à 1,6% au début du mois de mai dernier, sont depuis remontés pour atteindre 2,8% hier.
Grâce à la faiblesse des taux, le marché primaire s’était montré dynamique au début de l’année. Si bien que le montant total des émissions bien notées est aujourd’hui déjà légèrement supérieur à celui de 2012, à un peu plus de 1.000 milliards de dollars. Le ralentissement du marché en août a touché toutes les grandes régions, selon Dealogic, et notamment les marchés émergents où les volumes sont passés de 54 milliards de dollars l’année dernière à 25 cette année. Dans la zone «Europe, Moyen-Orient, Afrique», les volumes sont tombés de 23 milliards à 13 milliards d’euros.
Le volume des émissions obligataires à haut rendement au mois d’août 2013 est aussi inférieur à celui enregistré l’année dernière, à 15 milliards de dollars (33 opérations) contre 29 milliards (61 opérations). Cependant, grâce à la faiblesse des taux, le montant des émissions «high yield» réalisées depuis le début de l’année est d’ores et déjà beaucoup plus important que celui enregistré sur l’ensemble de l’année dernière, à 292 milliards de dollars (via 638 opérations) contre 212 milliards (464 opérations).
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