Le marché primaire de la dette corporate effectue une rentrée en fanfare
Les craintes de voir une explosion des volumes d’émissions sur le marché primaire du crédit corporate se confirment. Sur la séance d’hier, Italgas, Vivendi, Asahi Group et Merlin Properties sont ainsi venus alimenter le compartiment investment grade (IG), en émettant un montant total cumulé de 2,8 milliards d’euros. La très forte demande de la part des investisseurs leur a permis de concéder des niveaux de spreads inférieurs à leurs objectifs initiaux. Dans ce contexte, les volumes atteignent désormais les 11 milliards d’euros depuis le début du mois de septembre, et dépassent déjà les 8,5 milliards qui ont été émis en août sur le segment IG. A ce rythme, ils pourraient égaler voire dépasser ceux d’environ 30 milliards d’euros d’émissions enregistrés au cours des mois de septembre 2014, 2015 et 2016.
Si les émetteurs allemands ont été les plus actifs depuis le début d’année sur le marché primaire de la dette en euro, avec une part des émissions totales qui dépasse les 20%, les entreprises françaises et américaines ne sont pas loin derrière avec un peu moins de 20%. «Depuis 2015, sur les 744 milliards d’euros émis sur le marché IG euro, un montant de 155 milliards d’obligations l’ont été par les sociétés américaines, soit environ 21% du volume total», précise SG CIB. En termes de notation, c’est le segment de la dette de catégorie BBB qui domine le marché cette année en concentrant près des deux tiers des émissions. Si les émetteurs continuent en outre de privilégier les maturités longues, ces dernières sont néanmoins en recul, avec une majorité de placements compris entre 5 et 7 ans.
Malgré des volumes nets d’environ 145 milliards d’euros, ils ne sont plus que de 85 milliards en ôtant les achats de la BCE. Le marché secondaire a continué de bien résister, avec un léger resserrement des indices iTraxx Main et Cross-Over depuis le début de la semaine dernière à des niveaux inférieurs à 55 et 235 pb. Un possible ralentissement des achats de la BCE, notamment corporates, prévu en 2018 pourrait cependant avoir un effet sur le marché secondaire. «Actuellement, les dettes corporates non éligibles au CSPP notées BBB et BBB- offrent une prime d’entre 30 et 40 pb contre les dettes éligibles de même maturité. A moyen terme, cette prime des dettes corporates non éligibles a vocation à disparaître avec le recalibrage puis l’extinction du programme d’achat de la BCE», estime Natixis.
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