Le marché obligataire soutient en masse l’Italie
Malgré des interrogations sur le rythme de croissance de son économie - la Commission européenne s’apprêtant à abaisser drastiquement sa prévision pour 2019, à 0,2% contre une précédente estimation de 1,2%, selon l’agence de presse Ansa - l’Italie continue de profiter des bonnes dispositions du marché obligataire. Pour son deuxième emprunt syndiqué lancé en moins d’un mois, le souverain a émis 8 milliards d’euros d’obligations à 30 ans, avec un spread de 18 points de base au-dessus du rendement des titres d'échéance mars 2048, en dessous de la fourchette initiale (20-22 pb). Le rendement annuel ressort à 3,91%.
Sur le marché secondaire, le rendement des titres italiens à 10 ans s’affichait en hausse de 3,6 pb à 2,82% en fin d’après-midi.
La syndication, menée par Banca IMI, BNP Paribas, CA CIB, Deutsche Bank et Goldman Sachs, a suscité une forte demande, de l’ordre de 41 milliards d’euros.
Le montant levé porte à plus de 67 milliards d’euros les émissions bouclées par le Trésor italien depuis le début de l’année, soit environ 17% des besoins estimés pour l’ensemble de 2019.
Rome avait déjà levé en janvier 10 milliards d’euros dans le cadre d’un emprunt syndiqué à 15 ans qui a suscité une demande de plus de 35,5 milliards. Avant cela, le dernier emprunt syndiqué remontait à janvier 2018, avant l’arrivée au pouvoir de la majorité actuelle alliant la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles (M5S), qui a ravivé les craintes liées à la dette publique italienne et au déficit budgétaire.
Plus d'articles du même thème
-
Les Etats-Unis tentent d’éviter un blocage budgétaire avant les élections
La Chambre des représentants a adopté un projet de loi visant à reporter le débat sur le financement annuel fédéral au-delà des élections de mi-mandat du 3 novembre. Reste à le faire passer au Sénat, où les délais semblent trop courts pour un accord bipartisan -
Les économistes tentent d’évaluer le coût des canicules
Face à la répétition des vagues de chaleur, l’Europe subit un choc d’offre structurel qui détruit la productivité du travail à court terme et menace d’asphyxier l’investissement à long terme. En France, ce scénario de crise pourrait coûter plus de 270 milliards d’euros cumulés d’ici à 2030. -
Les taux longs américains échappent à Donald Trump
Les décisions politiques augmentent les risques sur l’inflation et les taux courts. La croissance de l’IA et la défiance générale, synonyme de prime de terme, se retrouvent dans les anticipations sur les taux longs. Résultat, l’administration Trump paraît loin de pouvoir tenir ses promesses sur le niveau des taux.
ETF à la Une
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
Contenu de nos partenaires
-
Effets en cascadeAgriculture française : le scénario du pire
La France souffrira longtemps cet été cataclysmique pour son agriculture. Les ravages ne vont pas toucher seulement les finances des agriculteurs et la pérennisation de leurs exploitations, mais toute l'économie française, durablement -
RéservesMédecins libéraux : l'inquiétude grandit sur l'avenir de leur retraite complémentaire
Un prochain décret pourrait réduire les ressources de la caisse autonome chargée des retraites complémentaires des praticiens -
Tête dureIran : Mojtaba Khamenei, toujours invisible, renforce la radicalité du régime
Le nouveau Guide suprême a effectué ses premières nominations majeures, donnant une place encore plus centrale aux Gardiens de la révolution