Le marché obligataire américain attend une vague de refinancements M&A
Le krach boursier chinois et la crise grecque mettent les marchés financiers à rude épreuve, et le blocage des discussions avec la Grèce a déjà gelé depuis deux semaines le marché primaire du crédit en euros. Un contretemps fâcheux pour les opérations de M&A, car un grand nombre de transactions annoncées au premier semestre doivent encore se refinancer sur le marché obligataire. C’est notamment le cas aux Etats-Unis, où le pipeline de refinancements obligataires en attente ne cesse de gonfler.
Les analystes de Bank of America Merrill Lynch s’attendent pour juillet et août à 170 milliards de dollars d’émissions de la part des entreprises américaines notées en catégorie investisseur. Cette hâte s’explique par la perspective d’une hausse des taux de la Réserve fédérale à la rentrée, qui renchérirait les coûts d’emprunt. Ces montants ne serviraient pas seulement à financer des transactions de M&A: les grandes entreprises américaines ont par exemple levé au deuxième trimestre un montant record de 58 milliards de dollars sur le marché obligataire pour procéder à des rachats d’actions et verser des dividendes à leurs actionnaires, selon les calculs de Bloomberg et Sundial Capital Research.
Le 8 juillet, le câblo-opérateur Charter Communications a ainsi commencé le marketing de 13,8 milliards de dollars de prêts relais. Ceux-ci s’inscrivent dans un package de dette d’environ 30 milliards de dollars destiné à financer le rachat de Time Warner Cable, annoncé fin mai. Ces prêts relais ont vocation à être remplacés par des obligations, qui feraient de Charter le plus gros émetteur de titres high yield en dollars cette année. Credit Suisse, Goldman Sachs, Bank of America, Deutsche Bank et UBS arrangent le financement.
Le groupe de services pétroliers Halliburton et la première chaîne de pharmacies des Etats-Unis, CVS Health, sont également attendus sur le marché. Le premier doit débourser 34,6 milliards pour son concurrent Baker Hugues, tandis que le second a un prêt relais de 13 milliards de dollars à refinancer. Fin juin, Heinz a réalisé une émission en dollars multi-tranche de 10 milliards de dollars, ainsi que ses premiers emprunts en euros (750 millions) et en sterling (400 millions) pour appuyer son rapprochement avec Kraft Foods.
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