Le marché européen des prêts syndiqués retrouve du tonus
Les professionnels du crédit syndiqué retrouvent le sourire. A 703 milliards de dollars, selon Dealogic, les volumes de prêts syndiqués dans le monde ont atteint au deuxième trimestre leur plus haut niveau depuis un troisième trimestre 2008 ponctué par la faillite de Lehman Brothers. Si la reprise est surtout américaine, la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique affiche une hausse de 14 % d’un trimestre à l’autre à 207 milliards de dollars.
Cette reprise tient à plusieurs facteurs. Phénomène marquant de 2009 et du début 2010, les refinancements de prêts bancaires par émission d’obligation, y compris pour des signatures spéculatives, se sont taris avec la fermeture des marchés obligataires de mai à début juin. Nombre d’entreprises ont par ailleurs procédé à des refinancements opportunistes, soit de lignes contractées en 2009 à des marges élevées, soit en anticipation de prêts qui arriveront en masse à échéance l’an prochain.
Les marges se sont en effet détendues au deuxième trimestre, passant de 174 à 148 points de base en moyenne pour un émetteur noté BBB, selon Thomson Reuters. L’exemple le plus marquant a été GDF Suez, qui a renégocié une ligne à 4 ans à 45 points de base seulement au-dessus de l’Euribor. Le regain de tension entourant les banques risque cependant de mettre un terme à la détente.
Juillet démarre aussi sur les chapeaux de roue. Sanofi, qui cherchait 5 à 6 milliards d’euros pour refinancer un prêt, en a obtenu 7 milliards. Vodafone, noté «A-», a signé avec trente banques une ligne revolving à 5 ans de 4 milliards d’euros payant 60 pb de marge. CGGVeritas chercherait à rallonger à 2016 une partie de sa dette bancaire. Et l’espagnol Red Electrica a annoncé le 1er juillet financer la reprise des activités de transmission électrique d’Endesa par un prêt relais de 1,7 milliard d’euros.
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