Le marché du LBO se montre friand des dettes portables
Profitant des conditions d’emprunt favorables, les actionnaires de certaines sociétés européennes sous LBO se sont lancés depuis un peu plus d’un an dans des opérations atypiques: le refinancement «portable». La portabilité d’une dette annule les clauses de changement de contrôle: l’arrivée d’un nouvel actionnaire majoritaire au capital de l’émetteur ne déclenche pas le remboursement anticipé de la dette.
Ce mécanisme concerne quasi-exclusivement des émissions à haut rendement. «Le marché du high yield peut se renchérir rapidement, mais il est plus liquide que le marché de la dette bancaire et plus souple en terme de covenants; il permet d’augmenter la taille d’une émission au fil de l’eau, notamment si l’émetteur veut mener des acquisitions», soulignent Céline Méchain et Edouard Panié, respectivement managing director et executive director en charge de la couverture des fonds de capital-investissement pour Goldman Sachs.
La dette portable est apparue en France pour la première fois à l’occasion du refinancement d’Elior en mai 2013. Elle était encore rare en Europe à l’époque (l’italien Cerved l’avait également utilisée). Mais depuis le début de l’année, son recours est en augmentation, profitant de la quête éperdue des investisseurs de dette pour le rendement: on compte notamment Exxelia, Quick, Novacap, IKKS, But, Thom Europe (issu du rapprochement entre Histoire d’Or et Marc Orian), R&R…
Utilisé dans le cadre de refinancements avec remontée de dividendes (ou dividend recap), ce mécanisme constitue souvent les prémices à une cession, en offrant plusieurs avantages. «Ces opérations sont appréciées car elles permettent de dissocier l’opération de cession du contrôle de l’opération de refinancement. En outre, elles contribuent à amener une certaine sérénité au vendeur, dans la mesure où il a partiellement ‘dérisqué’ son investissement d’origine en se versant un dividende», indiquent les banquiers de Goldman Sachs. Pour l’acquéreur, «la portabilité peut avoir un effet positif sur une opération de cession future dans la mesure où le financement est transféré au nouvel acquéreur sans frottement ce qui permet l’économie des frais de montage et de prise ferme d’un nouveau financement», poursuivent-ils.
La portabilité peut également être appréciée des banques. En effet, dans le cas d’une opération portable, elles ne portent que peu de risque sur leur bilan, alors qu’une dette bancaire exige une prise ferme de leur part.
{"title":"","image":"81473»,"legend":"LBO»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Maekn permet aux cabinets de créer leurs propres plateformes clients
Ce nouveau service en marque blanche est une extension de la solution professionnelle Maekn One. -
HSBC lance son premier stablecoin dollar
Ce jeton sera déployé sur l'application de paiement pour particuliers PayMe, qui compte 3,3 millions d'utilisateurs à Hong Kong. Le nouveau produit renfloue l'arsenal de la banque en matière de finance tokenisée. -
EQT Corp s’offre Range Resources pour créer un géant américain du gaz naturel
En absorbant son rival pour 13 milliards de dollars, le producteur d'hydrocarbures mise sur l'explosion de la demande énergétique des data centers induite par l'IA.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
SuccessionJournal d'une succession, J-187 : l’embuscade des outsiders
Chaque jour, l’Opinion raconte les coulisses de la campagne présidentielle la plus dangereuse de la Ve République. Ames sensibles s’abstenir. -
VendettaAprès l'attentat de Trappes, le maire Ali Rabeh déclare la guerre aux médias
L'édile n'hésite pas à associer les élus d'extrême droite, les médias qui les interviewent, et les terroristes racistes dans une même chaîne de responsabilité -
« Un vernis de souveraineté » : pourquoi Marine Le Pen veut relancer la recherche d’hydrocarbures en France
La candidate du Rassemblement national promet d’abroger « la stupide loi Hulot » qui interdit depuis 2017 la recherche d’hydrocarbures en vue de leur exploitation en France.