Le marché du LBO en Europe reste hésitant

La reprise des transactions très importantes aux Etats-Unis semble difficilement transposable à l’Europe
Antoine Landrot
Le marché du LBO hésite en Europe - Photo : Fotolia
Le marché du LBO hésite en Europe - Photo : Fotolia  - 

Aurait-on enterré un peu rapidement les «méga-LBO», ces acquisitions à effet de levier de plusieurs milliards de dollars ou d’euros réalisées par des fonds d’investissement ? Discréditées par quelques restructurations retentissantes et rendues quasiment impossibles à financer en raison de la réticence des banques malmenées par les crises financières successives, ces opérations avaient quasiment disparu.

Voici qu’en deux semaines, deux méga-LBO viennent défrayer la chronique: Dell, le fabriquant de matériel informatique, que son fondateur et Silver Lake Partners veulent racheter pour plus de 24 milliards de dollars, dont 13 à 15 milliards de dette; puis le géant agroalimentaire Heinz, qui fait l’objet d’une offre de 28 milliards de dollars, provenant de Berkshire Hathaway et de 3G Capital (lire page 4).

Ces deux sociétés sont américaines. Par rapport à l’Europe, le financement de grands LBO est facilité aux Etats-Unis par la liquidité des marchés obligataires publics ou privés, qui permet aux banques arrangeuses de trouver rapidement preneur auprès d’investisseurs. Aussi n’est-il pas surprenant d’observer que depuis le début de l’année, les quatre opérations les plus importantes sont américaines: en dehors de Dell et de Heinz, Copano Energy et New Albertson’s sont visées par des offres qui les valorisent respectivement à 5 et 3,3 milliards de dollars. Le LBO européen le plus important arrive en cinquième position: l’italien Cerved, pour 1,13 milliard (voir tableau).

Depuis quelques mois, les professionnels européens semblent alterner dans leurs sentiments à l’égard de leur activité pour 2013. Ils n’ignorent pas les difficultés croissantes des entreprises face à une crise économique qui dure, comme l’attestent les provisions pour coût du risque passées par la Société Générale mercredi. Mais certains ont également noté un frémissement d’activité au second semestre 2012. Selon Preqin, les transactions ont représenté 148 milliards de dollars au cours de cette période, contre 106 milliards au premier semestre. Au cours de l’année entière, le nombre de sorties a atteint son plus haut niveau depuis 2006.

Bertrand Rambaud, président de Siparex, évoquait récemment le retour des acquéreurs industriels, ce qui favorise les sorties, donc les retours de cash aux investisseurs. La raréfaction des capitaux dans la collecte de fonds semble, elle, être une spécificité française.

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