Le marché du LBO doit son redressement aux Etats-Unis
Cela faisait longtemps que l’activité des fonds de capital-investissement (private equity) n’avait pas été d’aussi bonne facture. Au cours du premier trimestre 2013, 86 milliards de dollars ont été injectés dans des opérations de leveraged buy-out (LBO, acquisitions à effet de levier): il faut remonter au troisième trimestre 2007 pour retrouver un montant supérieur (127 milliards), selon le cabinet d’études Preqin.
Comme à l’époque, le marché a été porté par les opérations de très grande envergure: l’OPA avec retrait de cote (public-to-private, PtoP) du géant agroalimentaire Heinz par 3G Capital et Berkshire Hathaway pèse à elle seule 28 milliards de dollars, tandis que dans l’informatique, le PtoP de Dell par Silver Lake se monte à 24,4 milliards. Troisième mais loin derrière, on trouve Gardner Denver, autre PtoP réalisé par KKR pour 3,9 milliards. Au total, 82% de la valeur et 56% du nombre de transactions à travers le monde proviennent d’Amérique du Nord. Les quatre LBO les plus importants ont été signalés aux Etats-Unis.
Cette situation reflète principalement le redémarrage économique observé outre-Atlantique, tandis que l’Europe continue de stagner, et un accès plus aisé au financement de dette – un sujet fondamental pour les LBO, qui représentent les transactions les plus importantes du private equity. Au cours du premier trimestre, l’opération de capital-investissement européenne la plus importante (le LBO sur Cerved) n’atteignait qu’un modeste 1,13 milliard d’euros.
En outre, comme l’attestent les trois PtoP, le capital-investissement américain est soutenu par la vigueur de la Bourse, au contraire de son homologue européen, handicapé par la volatilité des marchés actions locaux. Le private equity ne peut se développer durablement sans un marché coté dynamique: ce dernier procure en effet un bassin de cibles pour les fonds, ainsi qu’une porte de sortie importante au moment de réaliser des cessions. Ce phénomène de respiration soutient les valorisations.
Cette dichotomie n’est pas s’estompée au deuxième trimestre. Le 6 mai, Bain Capital et Golden Gate Capital ont annoncé l’acquisition de l’éditeur de logiciel américain BMC Software pour 6,9 milliards de dollars. Dans l’intervalle, l’acquisition la plus importante annoncée en Europe concerne Ista, valorisée 3,1 milliards d’euros.
{"title":"","image":"79704»,"legend":"Op\u00e9rations de capital investissement»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les fonds d’actions européennes ont connu leur plus forte collecte hebdomadaire depuis février
Les stratégies d’actions européennes ont enregistré 1,3 milliard de dollars d’entrées nettes sur la semaine, selon le Flow Show de Bank of America. -
BNP Paribas AM réorganise sa direction en Suisse
La société de gestion a nommé Frederick Widl comme nouveau directeur général de la succursale helvétique. -
H2O AM lance un fonds à performance absolue mêlant obligations et devises
Generative Global Fixed Income utilise l’IA générative dans son processus d’investissement.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
Contenu de nos partenaires
-
Pas vu pas prisAffaire Bardella : le RN continue de faire bloc, Marine Le Pen veut enjamber la crise
Preuves contestées, média attaqué, cadres mobilisés : le RN continue de soutenir Jordan Bardella, qui opte pour une stratégie jusqu’au-boutiste. La candidate à l'Elysée, plutôt que de s’exposer davantage, tente de mettre l'affaire à distance -
Emmanuel Macron : les pays du G7 vont libérer « jusqu’à 100 millions de barils » pour faire baisser les prix des carburants
La décision, annoncée par le président français, pourrait faire baisser les prix des carburants à la pompe -
Tu casses, tu payesBlocus des lycées : « faire payer les réparations » aux parents, est-ce vraiment possible ?
Gérald Darmanin a demandé aux procureurs de requérir la « responsabilité civile » des parents des mineurs impliqués dans les dégradations des lycées. Une procédure semée de plusieurs embûches