Le London Stock Exchange réduit de près d’un tiers son offre sur LCH.Clearnet

L’opérateur boursier britannique réagit au relèvement des exigences de fonds propres qui se profile dans la compensation
Antoine Duroyon

Une proposition de rachat minorée de 30% environ. De sources concordantes, c’est le message que vient d’adresser le London Stock Exchange (LSE) à la chambre de compensation LCH.Clearnet. L’offre s'établirait désormais à 13 euros par action en numéraire, auxquels s’ajouterait un dividende spécial de 1 euro. Soit une valorisation d’environ 312 millions d’euros pour les 60% du capital mis dans la balance.

«Alors que nous pensions auaparavant qu’une diminution du prix d’achat était justifiée et probable, nous sommes surpris - et satisfaits - que la taille de cette réduction soit si importante», estime Peter Lenardos, analyste chez RBC Capital Markets. L’action du LSE a clôturé hier en hausse de 2,88% à 1.096 pence.

La renégociation du prix s’explique par les projets des régulateurs européens dans le domaine de la compensation. L’agence européenne de régulation des marchés financiers (Esma) et l’Autorité bancaire européenne (EBA) souhaitent notamment que 95% des dépôts en cash placés par une chambre de compensation auprès des banques soient collatéralisés par des instruments de dette respectant certaines conditions de liquidité et de risque de crédit. Si elles étaient adoptées, ces règles pourraient contraindre LCH.Clearnet à accroître son capital réglementaire de 300 millions à 375 millions d’euros en 2013, a déjà prévenu la chambre de compensation. Selon des analystes cités par Reuters, le déficit pourrait toutefois être moins important que prévu, de l’ordre de 220 millions d’euros.

Le LSE, qui cherche à se diversifier dans la compensation des produits dérivés, n’a pas confirmé cette révision du prix. L’opérateur, également propriétaire de la chambre de compensation italienne CC&G, a seulement indiqué être toujours en discussions avec LCH.Clearnet concernant «d'éventuelles modifications dans les termes commerciaux de la transaction». Une offre révisée devrait être approuvée par le conseil de la chambre de compensation puis par ses actionnaires, lesquels comprennent ses principaux utilisateurs (banquiers et courtiers). Un feu vert loin d'être acquis d’avance.

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