Le LBO sur Armatis témoigne de l’imagination des investisseurs
Activa Capital convoitait Armatis, l’une des principales sociétés de centres d’appels française, depuis longtemps. Mais la vingtaine de conseils utilisés pour son acquisition donne la mesure de la complexité de l’opération, qui a impliqué le rachat concomitant d’un concurrent, Laser Contact. Le tout pour une valeur d’entreprise comprise entre 140 et 150 millions d’euros.
Armatis est une vieille connaissance d’Activa Capital. En 2007, le fonds d’investissement avait échoué en finale face à CM-CIC LBO Partners; mais il avait maintenu le contact avec le président de la PME Denis Akriche. Lorsque la filiale du Crédit Mutuel, conseillée par Leonardo, a souhaité se désengager, Activa s’est mis sur les rangs.
Le secteur des centres d’appels subissant une concentration de clientèle, la société de gestion était persuadée qu’une opération de LBO sur Armatis serait plus aisée à financer si la cible était plus importante. De sources financières, Activa avait alors approché la société CCA et son actionnaire LFPI, filiale de Lazard.
Denis Akriche avait de lui-même entrepris des démarches similaires auprès d’un autre concurrent, plus complémentaire: Laser Contact, filiale de Laser, elle-même joint-venture de BNP Paribas et des Galeries Lafayette dans le crédit à la consommation. Activa Capital s’est rangé à l’avis du président. L’acquisition de Laser Contact par Armatis et le LBO sur Armatis ont été menés simultanément, dans une grande discrétion.
Mais en dépit d’un actif potentiellement plus important, trouver le financement est resté une gageure. En cause, indique une source, «la faiblesse des pools bancaires des deux sociétés», qui entretenaient des relations limitées avec leurs banques d’exploitation.
Les protagonistes ont donc convaincu le Crédit Agricole, arrangeur de l’opération, et BESV de se joindre à BNP Paribas, Palatine et le Crédit du Nord. En outre, une ligne d’affacturage a été souscrite auprès de GE Capital. La dette, qui finance environ 50% de la transaction, se répartit en deux tiers de prêt bancaire et un tiers de mezzanine, apportée par Idinvest.
Côté fonds propres, Activa a élargi le cercle des actionnaires. Un premier holding réunit Activa (55%), Omnes Capital (ex-CAPE, 20%), le FSI (15%) et Ouest Croissance et Multicroissance (10%). Il contrôle 65% du holding de reprise, qui accueille également CM CIC LBO Partners - le fonds a réinvesti à hauteur de 20% - et les dirigeants d’Armatis (15%).
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