Le gouvernement allemand tranche en faveur de la liquidation de Depfa Bank

Le processus de vente au privé a été interrompu. Les conséquences pour les créanciers obligataires sembles maîtrisables
Antoine Landrot

Le gouvernement allemand ayant renoncé à l’idée d’une cession, Depfa Bank sera transférée à la structure de défaisance publique FMS Wertmanagement (FMS-WM), qui procédera à la liquidation ordonnée de l’institution spécialisée dans le financement du secteur public. La décision a été prise par le Comité de pilotage interministériel allemand; elle a été annoncée par Hypo Real Estate (RE), qui avait acquis Depfa Bank en 2007 et a été nationalisée en 2009 suite à la crise financière.

L’annonce met un terme au processus de vente lancé en août 2013, qui avait vu le fonds Leucadia, associé à Massachusetts Mutual Life Insurance, tenir la corde avec une offre estimée à 320 millions d’euros. Dans un document interne obtenu par Reuters, le directoire de Hypo RE expliquait que «le produit de la vente excède clairement la valeur liquidative de 114 millions d’euros anticipée par Hypo RE et les conseils de la FMSA», l’agence fédérale pour la stabilité du marché financier. Le communiqué de presse commun de la FMSA et de Hypo RE est sans ambigüité sur l’existence du désaccord: «Il va sans dire que la décision de ne pas vendre mais de cesser les activités de Depfa est celle de l’actionnaire», explique la directrice générale de Hypo RE Manuela Better.

Au 31 décembre 2013, Depfa affichait un portefeuille d’actifs central de 34 milliards d’euros, pour un bilan total de 49 milliards. En 2010, l’établissement avait déjà transféré 131 milliards d’euros d’actifs au FMS-WM.

Cette perspective semble plutôt une bonne nouvelle pour les créanciers obligataires de Depfa. Ceux-ci «étaient dans l’incertitude quant à la manière dont un investisseur privé procéderait au dépeçage de l’institution, écrit Dominique Daridan, analyste-crédit chez Aurel ETC Pollak. C’est surtout une bonne nouvelle pour les porteurs d’obligations sécurisées de Depfa ACS Bank. Certes, ces titres ne sont pas des Pfandbriefe, mais [il] serait difficile pour un établissement allemand de droit public tel FMS-WM de laisser ce type de titres faire défaut. Par ailleurs, les obligations sécurisées sont exclues du cadre du bail-in mis en place par l’Union européenne à compter de janvier 2016.»

En revanche, tel n’est pas le cas des détenteurs de titres tier 1. «Si les actifs de Depfa devaient être inscrits en valeur de marché avant leur transfert à FMS-WM, ces investisseurs pourraient souffrir d’une décote de 50%, sans effet sur les titres lower tier 2 ni la dette senior», indiquent les analystes de Barclays.

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