Le FSI accuse une perte de 2 milliards en 2012 à cause de France Télécom
Les déboires de France Télécom et de la Saur ont pesé très lourd sur les comptes du Fonds stratégique d’investissement (FSI). La filiale de la Caisse des dépôts (CDC, à 51%) et de l’Etat (à 49%) a publié vendredi une perte nette de 2,076 milliards d’euros en 2012, une première, après un bénéfice de 681 millions d’euros un an plus tôt. Le FSI a déprécié à hauteur de 2,4 milliards d’euros sa participation de 13,6% dans France Télécom. Une décision attendue au vu de l’effondrement du cours de Bourse.
Alors que l’Etat avait apporté au FSI une partie de ses titres à 16 euros l’unité, en 2009, «nous avons retenu une valeur de 9,2 euros par action, soit l’actif net de France Télécom qui reflète selon nous la valeur à long terme de l’entreprise malgré la complexité actuelle du monde des télécoms en Europe», explique Jean-Yves Gilet, directeur général du FSI. Vendredi soir, le cours de l’entreprise était seulement de 7,9 euros à la clôture.
Le FSI a par ailleurs déprécié l’intégralité de sa ligne Hime-Saur pour 277 millions d’euros, «compte tenu de la restructuration financière en cours» au sein de cet opérateur de l’eau, très lourdement endetté. D’autres éléments ont impacté les résultats. Positivement, à l’image des plus-values latentes de «plusieurs centaines de millions d’euros chacune» sur Eutelsat et Schneider. Négativement dans d’autres cas: le cumul des pertes de valeur atteint 2,55 milliards d’euros. Les «produits de l’activité ordinaire» ont quant à eux reculé de 25%, à 556 millions d’euros, du fait notamment de dividendes moins élevés.
Les dépréciations sur France Télécom et la Saur ont amputé les capitaux propres du FSI, passés 19,3 milliards d’euros à 18,4 milliards fin 2012. Mais «elles n’ont pas d’impact sur notre capacité d’intervention qui consiste à investir chaque année entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros, assure Jean-Yves Gilet. Nous avons maintenu l’an dernier un niveau d’investissement élevé en prenant des participations dans une trentaine d’entreprises en direct, et pour le reste via les fonds de FSI France Investissement.» Soit au total 1,5 milliard d’euros, comme en 2011, dont 1,2 milliard injecté en direct. «Dans une période de faible conjoncture, nous sommes bien dans notre rôle contra-cyclique», poursuit le dirigeant. Il est en revanche plus discret sur les cessions de titres effectuées en 2012 et sur l’avancée de la banque publique d’investissement, dont le FSI est l’une des composantes.
Plus d'articles du même thème
-
Les fonds d’actions européennes ont connu leur plus forte collecte hebdomadaire depuis février
Les stratégies d’actions européennes ont enregistré 1,3 milliard de dollars d’entrées nettes sur la semaine, selon le Flow Show de Bank of America. -
BNP Paribas AM réorganise sa direction en Suisse
La société de gestion a nommé Frederick Widl comme nouveau directeur général de la succursale helvétique. -
H2O AM lance un fonds à performance absolue mêlant obligations et devises
Generative Global Fixed Income utilise l’IA générative dans son processus d’investissement.
ETF à la Une
Arnaud Gihan (BlackRock) : « Les ETF permettent aux CGP de construire des solutions sur-mesure pour les clients »
Contenu de nos partenaires
-
Pas vu pas prisAffaire Bardella : le RN continue de faire bloc, Marine Le Pen veut enjamber la crise
Preuves contestées, média attaqué, cadres mobilisés : le RN continue de soutenir Jordan Bardella, qui opte pour une stratégie jusqu’au-boutiste. La candidate à l'Elysée, plutôt que de s’exposer davantage, tente de mettre l'affaire à distance -
Emmanuel Macron : les pays du G7 vont libérer « jusqu’à 100 millions de barils » pour faire baisser les prix des carburants
La décision, annoncée par le président français, pourrait faire baisser les prix des carburants à la pompe -
Tu casses, tu payesBlocus des lycées : « faire payer les réparations » aux parents, est-ce vraiment possible ?
Gérald Darmanin a demandé aux procureurs de requérir la « responsabilité civile » des parents des mineurs impliqués dans les dégradations des lycées. Une procédure semée de plusieurs embûches