Le Fonds stratégique d’investissement va pénétrer le tissu régional
Au Fonds stratégique d’investissement (FSI), qu’il qualifie d’«acteur de l’ambition industrielle de la France», le président de la République a demandé jeudi «de l’audace». Outre la «structuration des filières», passant par la création de nouveaux fonds sectoriels dans l’aéronautique, les équipements médicaux mais aussi le nucléaire, le FSI, détenu depuis sa création en 2008 par la Caisse des dépôts (51 %) et l’Etat (49 %), a deux missions: soutenir les «PME innovantes», en investissant directement dans ce segment grâce à une enveloppe de 250 millions d’euros, et «renforcer sa proximité avec les entrepreneurs».
Créé à cette fin, le dispositif «FSI Régions», proche du guichet unique déjà initié par la Caisse des dépôts, avec sa filiale CDC Entreprises et ses directions régionales, ainsi que par Oséo, a vocation à couvrir progressivement l’ensemble du territoire. Selon un de ces partenaires, il pourra s’appuyer sur les implantations d’Avenir Entreprises, aujourd’hui affiliée à CDC Entreprises (60 %) et Oséo (40 %). L’objectif de la CDC serait de monter à 80% du capital. FSI Régions disposera d’une «première enveloppe de 350 millions d’euros» pour apporter des financements directs en fonds propres dans les PME. Il devra en outre «accompagner les entrepreneurs dans leurs démarches de recherche de financement», mais aussi dans «l’identification de rapprochements potentiels».
Nicolas Sarkozy a par ailleurs confirmé que 1,5 milliard d’euros issus des fonds d’épargne seront affectés au FSI. De source proche, cette somme sera débloquée par la CDC sous forme de prêts, en trois tranches égales, à la demande du FSI. Enfin, «d’autres moyens de financements seront mobilisés l’an prochain en faveur des PME grâce à la création du livret de développement industriel durable», a rappelé le Président. Cette nouvelle mouture de l’ex-Codevi fait encore l’objet d’une concertation avec les banques qui ne sont toutefois pas dans la meilleure posture pour négocier…
«Je sais, a pointé le président, il est étonnant dans un pays aussi bancarisé que la France de créer un fonds public. Cherchez le problème. Je ne crois pas qu’il vienne du côté de l’Etat.» Et de prévenir les banques que pour augmenter leurs fonds propres elles devront distribuer «moins de dividendes en cash, moins de bonus, mais pas moins de prêts ». Pour s’en assurer, la médiation et l’observatoire du crédit sont maintenus.
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