Le fonds souverain norvégien révolutionne sa gestion obligataire
Petite révolution chez Norges Bank IM. Le fonds souverain de Norvège s’apprête à changer de fond en comble sa gestion obligataire. Dans un courrier au ministère des Finances du pays, daté du 1er septembre mais publié trois jours plus tard, l’investisseur institutionnel propose un changement radical du benchmark de sa gestion taux et crédit. Principales conséquences : les devises autorisées seront réduites au dollar, à l’euro et à la livre, les obligations corporates seront laissées de côté, et le fonds évitera d’investir dans les maturités supérieures à 10 ans. Le ministère doit donner sa réponse.
Le fonds souverain affichait à fin juin 8.020 milliards de couronnes suédoises d’actifs (863 milliards d’euros), dont 32,4% investis en fixed income. La classe d’actifs, à faible rendement, sert à diminuer la volatilité de l’ensemble du fonds. Son poids devrait baisser car la nouvelle allocation d’actifs prévoit de passer de 60% à 70% la part des actions dans le portefeuille cible – contre 65% fin juin. D’où la proposition faite aujourd’hui de modifier l’indice de référence obligataire.
Le benchmark compte actuellement 23 devises. Une dispersion jugée sans grand effet sur le couple rendement/risque du portefeuille, d’où la recommandation de se recentrer sur les devises fortes. «A long terme, les bénéfices d’une large diversification internationale sont considérables pour les actions mais modérés pour les obligations», souligne le fonds dans son courrier. Le nouvel indice comporterait des titres libellés à 54,4% en dollar (au lieu de 43,8%), 37,5% en euros (contre 26,9%) et 8,2% en sterling.
Les obligations corporates (30% de l’indice obligataire à ce jour), qui forcent à de fréquents rééquilibrages et transactions au sein du portefeuille, seraient écartées pour les mêmes motifs. Même punition pour les titres indexés sur l’inflation (7% du benchmark) ou émis par des organismes internationaux (3%), accusés de réduire la part des obligations souveraines nominales. Quant à la limite «d’environ 10 ans» pour les maturités, elle vise à réduire la volatilité.
Le portefeuille pourra certes dévier de son benchmark, et «continuer à être investi dans certaines devises et segments que nous recommandons d’exclure de l’indice», afin d’éviter des mouvements trop brusques. Mais ils devraient converger à terme.
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