Faute d’occasions satisfaisantes, le monétaire représente 11% des actifs sous gestion de Government of Singapore Investment Corporation
Publié le
Antoine Landrot
Face à la tourmente actuelle sur les marchés, Government of Singapore Investment Corporation (GIC), l’un des deux fonds souverains de la cité-Etat, joue la prudence sans état d’âme. L’investisseur institutionnel, qui a publié hier son rapport annuel 2011-2012 (clos le 31 mars), n’a en effet pas hésité à accroître considérablement la part du monétaire dans ses actifs. D’un exercice à l’autre, celle-ci est passée de 3% à 11% de l’ensemble de ses actifs sous gestion –dont la valeur dépasse les 100 milliards de dollars. Cette proportion dépasse celle que GIC avait consacré au monétaire pendant la crise financière de 2008.
On ne s’étonnera pas d’apprendre que cette réallocation en faveur d’un placement à rendement quasi nul –qui atteste d’un fort attentisme en l’absence de solutions d’arbitrage– s’est faite au détriment des classes d’actifs les plus volatils, placés dans les économies les plus exposées à la crise actuelle, à savoir les pays développés. «En raison de l’incertitude croissante qui pèse sur les marchés mondiaux, nous avons laissé s’accumuler les flux financiers générés par nos placements tout au long de l’année, dans l’attente de meilleures opportunités d’investissement», confirme dans le rapport Ng Kok Song, responsable de l’investissement de GIC.
Les placements en actions ne représentent plus que 45% du portefeuille de GIC, contre 49% début 2011. Un recul qui n’a pas affecté la sous-catégorie des actions de marchés émergents (stable à 15%). En outre, signe de la crise de la dette souveraine en zone euro, l’allocation obligataire a fondu de près d’un quart, passant de 22% à 17%. En revanche, les placements dits alternatifs (immobilier, capital-investissement, infrastructures, ressources naturelles, hedge funds) ont vu leur part légèrement progresser (de 26% à 27%).
En termes géographiques, aucune désaffection ou enthousiasme majeur n’est à noter. Les actifs situés en Europe continentale ont reculé de deux points (à 17%), le Royaume-Uni restant à 9%. L’exposition aux pays atteints par la crise de la dette souveraine (Irlande, Espagne, Portugal, Italie, Grèce) est limitée à 1,4%. Le fonds souverain explique qu’elle se résume essentiellement à des actifs immobiliers et des actions espagnoles et italiennes. L’allocation en faveur de l’Asie profite de la légère désaffection pour l’Europe, récupérant deux points (à 29%). Le continent américain reste inchangé à 42%.
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Alexis Burnod, médecin urgentiste & soins palliatifs, Institut Curie à Paris.
Membre de l’association Les éligibles et leurs aidants.
Auteur de l’Essai : Fin de vie, le cas de conscience – Editions de l’Observatoire.
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