Le fonds de Singapour participe à l’inflation immobilière à Londres
L’embellie de l’économie britannique n’a pas échappé aux fonds souverains. Celui de Singapour, GIC, a annoncé à la veille de Noël le rachat de la participation de 50% que plusieurs fonds immobiliers de Blackstone détenaient dans le complexe de bureaux Broadgate à la City de Londres. L’autre actionnaire de cet ensemble de 4 millions de pieds carrés, la foncière britannique British Land, continuera à gérer les actifs dans le cadre d’un nouveau partenariat signé avec GIC.
Ni le montant de la transaction, l’une des plus importantes des dernières années dans l’immobilier londonien, ni sa structure n’ont été communiqués. Mais Bloomberg, qui avait révélé les discussions fin août, évoquait alors le chiffre de 1,7 milliard de livres (2,04 milliards d’euros), dette incluse.
Pour Blackstone, il s’agit d’une superbe opération. Le fonds avait acquis sa part auprès de British Land pour seulement 77 millions en septembre 2009, alors que la foncière était financièrement aux abois. Il avait aussi assumé près d’un milliard de dette sécurisée par les actifs de Broadgate, ce qui valorisait à l’époque 100% du complexe à 2,1 milliards. A fin mars 2013, dans le rapport annuel de British Land, cette estimation avait grimpé à 3,04 milliards, dont 1,03 milliard en fonds propres. La valeur de l’equity a donc été multipliée par 6,7 en quatre ans. «On peut toujours regarder en arrière et se dire ‘si j’avais su’, mais nous avons vendu à l’époque pour nous donner de la flexibilité financière», expliquait en janvier 2013 Chris Grigg, le directeur général.
Outre GIC, le fonds souverain de Norvège et Rreef, le gestionnaire d’actifs immobiliers de Deutsche Bank, ont regardé le dossier. Broadgate est un bel actif, occupé à 96% avec des baux d’une durée moyenne de 7,8 ans et un loyer net annualisé de 160 millions de livres. Il s’agrandira en 2015 de 700.000 pieds carrés avec un nouvel édifice, déjà loué à UBS. Ses promoteurs comptent aussi élargir sa base de clientèle, aujourd’hui centrée sur le secteur financier de la City, vers des entreprises de nouvelles technologies, et y loger davantage de services et de commerces. Un beau programme pour GIC, qui investit dans l’immobilier 10% de ses actifs, estimés au total à 285 milliards de dollars.
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