Le fonds chinois CIC pousse ses pions dans le capital investissement européen
China Investment Corp s’intéresse aux grosses PME européennes. Le fonds souverain chinois a signé hier son engagement dans un fonds de private equity de droit luxembourgeois géré par A Capital. Un autre investisseur de référence, la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI), sorte de Caisse des dépôts belge, l’a rejoint dans l’aventure. Les deux institutionnels auront le statut de limited partners.
Structure récente, A Capital a une transaction à son actif: il a co-investi et conseillé le chinois Fosun en juin 2010 pour l’acquisition de 7,1% du capital du Club Med.
Depuis l’annonce de la transaction, le cours a pris près de 30%. La société a ensuite constitué une équipe de 14 personnes dont la moitié en Chine, et enfin négocié son tour de table. Avec un processus de due diligence très poussé de la part de CIC. «Après ce premier closing, nous souhaitons parvenir à une taille minimale de 250 millions d’euros d’ici trois à quatre mois», explique André Loesekrug-Pietri, président d’A Capital. L’investissement de CIC et de SFPI représente une part «significative» de cet objectif; le solde doit être apporté par des family offices, des banques privées et des fonds de fonds.
Le véhicule investira dans des PME européennes réalisant de 300 millions à 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et ayant un potentiel de développement en Chine. Une douzaine de dossiers sont aujourd’hui à l’étude, dont certains pourraient aboutir d’ici trois à six mois. «Nous ciblons trois grand secteurs pour lesquels existent de fortes perspectives de développement en Chine : les transports, les grandes marques telles que le Club Med, et l’environnement au sens large, par exemple la sécurité alimentaire», souligne André Loesekrug-Pietri.
Si le CIC a déjà investi dans des fonds de private equity européens – la rumeur évoque Apax Partners et 3i –, les exemples de fonds sino-européens comme A Capital sont rares.
En Belgique, la SFPI avait songé à un dispositif plus institutionnel avec la Chine, mais a finalement choisi la voie de la simplicité. Alors que côté français, la Caisse des dépôts a annoncé dès l’automne 2009 le lancement d’un fonds PME franco-chinois avec la Banque de développement de Chine, mais l’institution tarde à concrétiser ce projet.
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