Le fonds Ares Management cède aux charmes de la Bourse
Deux ans après Carlyle, une nouvelle société de capital-investissement choisit le chemin de la Bourse. Ares Management, qui dispose déjà de fonds cotés, a déposé lundi son prospectus auprès de la SEC. La firme, qui gérait 74 milliards de dollars d’actifs au 31 décembre 2013, indique qu’il compte lever 100 millions de dollars sur le New York Stock Exchange.
Ce montant est purement indicatif et sert de paramètre pour calculer les frais d’enregistrement du prospectus. JPMorgan, Bank of America, Goldman Sachs, Morgan Stanley et Wells Fargo Securities interviennent au premier plan dans l’opération.
Ares s’est à l’origine développé dans la dette de LBO, la dette à haut rendement (high yield), la dette privée et l’investissement en fonds propres dans les sociétés non cotées. Il a récemment musclé sa stratégie dans l’immobilier.
Si la société s’est fait connaître par quelques opérations en fonds propres emblématiques, comme le LBO sur la chaîne de distribution de luxe Neiman Marcus, la part des activités de dette devrait rester majoritaire, étant donné le développement du shadow banking et de la désintermédiation du crédit.
Ares a perçu 619 millions de dollars de commissions en 2013 (+8% par rapport à 2012): l’octroi de prêts directs représentait 39% de ces commissions, l’activité de fonds de dette 23% et l’investissement en fonds propres 15%. La part des commissions de surperformance représente 16%. Les bénéfices distribuables sont stables (+1%) à 306 millions. Dans son prospectus, Ares indique vouloir distribuer annuellement entre 75 et 85% de ces bénéfices sous forme de dividendes.
Ares a longtemps résisté aux sirènes de la Bourse, privilégiant les placements privés. Un premier, réalisé en 2007 auprès du fonds souverain d’Abou Dhabi, valorisait la société à 1,9 milliard. En juillet 2013, Ares a vendu 6,25% de son capital à l’assureur Alleghany pour 250 millions, soit une valeur totale de 4 milliards.
L’intérêt d’une cotation pour une firme de private equity est d’accroître sa capacité d’investissement, de motiver ses équipes, et, pour ses associés, de liquéfier une partie de leur patrimoine. Au moment de l’IPO de Blackstone, son fondateur Stephen Schwartzman avait reçu 684 millions de dollars, tout en restant fortement actionnaire. Une somme qui avait fait jaser. Pour les actionnaires de gestionnaires cotés, l’attrait est moins évident: les comparables (comme Blackstone, KKR et Carlyle) ont vu leurs cours jouer aux montagnes russes.
Plus d'articles du même thème
-
Deutsche Börse échapperait à une supervision européenne obligatoire
Berlin a obtenu une dérogation pour que la place boursière allemande puisse rester sous le contrôle de son régulateur national, selon le Financial Times. -
« Les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs plaident pour une position modérément surpondérée »
Bart aan de Toorn, gérant et membre du comité d'investissement de l'équipe crédit chez VLK IM -
«Nous anticipons une appréciation du yen d'ici à la fin de l'année»
Evelyn Herrmann, économiste Europe chez Bank of America
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Onde de chocAffaire Lyhanna : le dilemme d'Emmanuel Macron
Face à la crise provoquée par la mort de la jeune Lyanna, le chef de l'Etat doit trouver la bonne distance et les mots justes pour témoigner de l'empathie sans chercher à instrumentaliser -
« Dans les start-up de défense, le réseau compte autant que la technologie »
Pour l'investisseuse Louise Boucher, avoir le bon produit ne suffit pas. Les jeunes entreprises d'armements doivent rapidement recruter des profils ayant de bonnes connexions chez les décideurs militaires -
Shahed, fais-moi peurGuerre des drones : l'effervescence française
Avec ses start-up Alta Ares et Harmattan AI, la France compte de nombreux atouts dans le secteur des drones. Mais la compétition européenne et la production ukrainienne à grande échelle menacent leur percée sur un marché en mutation rapide