Le FMI souligne l’accroissement des risques de marché
Le redressement de l'économie mondiale s’est traduit par une amélioration de la stabilité financière, mais le caractère très accommodant des politiques monétaires conjugué à la faiblesse de l’inflation accroît les risques potentiels à moyen terme, estime mercredi le Fonds monétaire international (FMI). Dans son rapport sur la stabilité financière dans le monde, publié à l’occasion des réunions d’automne du FMI et de la Banque mondial, il ajoute que les risques se déplacent des banques, qui ont renforcé leur bilan, vers les marchés financiers avec la réduction des écarts de rendements, la baisse de la volatilité et la hausse des prix des actifs.
«Si l’augmentation de l’appétit pour le risque et de la recherche de rendement sont une conséquence bienvenue et souhaitable des mesures non-conventionnelles de politiques monétaire (...), des risques existent si ces tendances vont trop loin», écrit le FMI dans son rapport semestriel. Il ajoute que la recherche prolongée de rendement a accru la sensibilité du système financier aux risques de marché et de liquidité, toujours jugés élevés. L’institution de Washington appelle donc les autorités nationales de réglementation à étudier avec attention toute proposition susceptible d’assouplir les normes en vigueur en matière de fonds propres, de liquidités ou de règles prudentielles, «à la lumière de leur potentiel de nuisance à l’harmonisation réglementaire mondiale».
Le FMI met également en garde contre les risques liés à l'évolution attendue des stratégies des grandes banques centrales, estimant qu'«un ajustement trop rapide des politiques monétaires pourrait provoquer des turbulences indésirables sur les marchés financiers et remettre en cause les progrès vers les objectifs d’inflation». Il ajoute que le maintien exagérément prolongé de taux bas pourrait augmenter les risques de marché et de crédit.
«Le principal défi pour les décideurs consiste à maîtriser l’accumulation des facteurs de vulnérabilité financière tout en maintenant une politique monétaire propice au redressement de l'économie mondiale», conclut le Fonds.
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