Le FMI revoit l’impact d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise
La transition d’un modèle de croissance économique basé sur l’investissement et les exportations à un modèle de croissance s’appuyant sur la consommation intérieure en Chine est au cœur des préoccupations en ce début d’année. Cela ne devrait pas s’arranger avec la publication cette semaine d’une note de travail de deux chercheurs du Fonds monétaire international explorant les effets indirects (spillover) d’une réduction substantielle des importations chinoises.
Alexei Kireyev et Andrei Leonidov ont pour la première fois modélisé les « effets de réseau » pouvant résulter d’un tel choc. Les effets de réseau représentent les contrecoups indirects d’une baisse des importations chinoises sur ses partenaires économiques, mais également les effets de la propagation de ce choc à des économies non directement concernées. Enfin, ils incorporent également les effets « de retour de bâton » (spillback) sur l’économie chinoise, du fait notamment d’une demande extérieure plus faible.
« Une chute hypothétique des importations chinoises de 10% par rapport au scénario de base [du FMI] pour 2016 et 2017 entraînerait une perte d’environ 1,2% de PIB de revenus des exportations en 2016 pour l’ensemble des pays, et qui pourrait s’élever à 2% de PIB en 2017 du fait des effets de réseau avant de se réduire progressivement à environ 0,2% de PIB en 2020 », expliquent les auteurs.
Les pays asiatiques seraient les plus touchés avec les pays exportateurs de matières premières, tandis que l’Europe et les Amériques s’en sortiraient mieux à l’exception de l’Allemagne, du Canada et du Japon, aux liens commerciaux plus prononcés avec la Chine.
Les conclusions d’un rapport de la Banque mondiale publié hier, viennent appuyer ces recherches. D’après l’Observatoire du commerce mondial, la croissance des importations de marchandises au niveau mondial a atteint 1,7% en 2015 contre 3% en 2014, du fait notamment d’une chute des importations chinoises au premier semestre. Sans cela, les importations auraient crû de 2,1%.
« Les prix plus bas des matières premières ainsi que la transition de la Chine vers une nouvelle trajectoire de croissance apparaissent comme deux facteurs qui se sont renforcés mutuellement pour créer une faible demande pour les produits importés dans les économies émergentes », écrit la Banque mondiale, en précisant que les effets ont été plus importants en Asie émergente qu’ailleurs.
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