Le FMI réduit sa prévision de croissance mondiale avec l’Ukraine
Le Fonds monétaire international (FMI) a revu en baisse de 0,8 point sa prévision de croissance mondiale, à 3,6% pour cette année et l’an prochain, en raison de l’impact direct du conflit ukrainien et de ses retombées. Celui-ci freine l’activité économique et favorise la hausse des prix. L’inflation inquiète également l’institution de Washington.
«Les perspectives de l'économie mondiale ont été gravement affectées, en grande partie à cause de l’invasion de l’Ukraine par la Russie», écrit l'économiste en chef du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, dans une note de blog publiée mardi en même temps que les nouvelles prévisions.
Lors de sa prévision intermédiaire en janvier, le FMI avait déjà abaissé sa prévision de croissance de 4,9% à 4,4%.
Celle des pays développés passe de 3,9% à 3,3% et celle des émergents de 4,8% à 3,8%.
La zone euro en première ligne
Parmi les pays développés, la zone euro subit le choc le plus important avec une croissance revue à 2,8% contre 3,9% en janvier. Celle de la première économie européenne, l’Allemagne, passe de 3,8% à 2,1%. Le FMI anticipe désormais une contraction de 8,5% du produit intérieur brut de la Russie. L’institution a revu en baisse ses prévisions de croissance à moyen terme pour l’ensemble des régions sauf pour les pays exportateurs nets de matières premières qui bénéficient de la hausse des prix.
Mais cette inflation, alimentée par la hausse des cours des matières premières et la généralisation des tensions sur les prix, devrait rester élevée plus longtemps que prévu. De nouvelles perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en raison des mesures de restriction prises par la Chine face au variant Omicron sont aussi un élément de risque pour la croissance mondiale.
Troubles sociaux
«L’inflation est devenue un danger clair et bien présent pour de nombreux pays», écrit Pierre-Olivier Gourinchas qui craint que l’envolée des prix ne menace de déclencher des troubles sociaux dans les pays émergents et en développement.
Pour 2022, le FMI table sur une inflation de 5,7% dans les économies avancées et de 8,7% dans les économies émergentes et en développement, soit respectivement 1,8 point et 2,8 points de plus qu’en janvier.
Le Fonds précise que ses nouvelles prévisions sont soumises à «une incertitude inhabituellement élevée», rappelant les mises en garde faite en pleine crise pandémique. Et les sujets d’incertitude et d’inquiétude sont nombreux. De nouvelles sanctions visant le secteur russe de l'énergie, un élargissement du conflit armé, une décélération plus marquée qu’anticipé en Chine ou encore une résurgence de la pandémie pourraient accentuer le ralentissement mondial tout en amplifiant l’inflation.
Autre conséquence du conflit en Ukraine, celui-ci a accru le risque d’une fragmentation durable de l'économie mondiale entre des blocs géopolitiques séparés par des normes technologiques, des systèmes de paiement ou encore des monnaies de réserve différentes. «Un tel ‘glissement tectonique’ provoquerait à long terme des pertes d’efficacité, il augmenterait la volatilité et constituerait un défi majeur pour le cadre de règles qui gouverne les relations internationales et économiques depuis 75 ans», estime Pierre-Olivier Gourinchas.
Plus d'articles du même thème
-
L’activité dans les services tombe à un plus bas de deux ans en Chine
La faiblesse de la demande intérieure a pesé sur l’activité dans le secteur, selon l’enquête RatingDog PMI. -
L’activité se redresse en zone euro dans le secteur privé
Le rebond de la demande dans les services contribue à la résilience de l’économie malgré le conflit au Moyen-Orient, dans l’ensemble des pays. -
Le marché de l’emploi se stabilise aux Etats-Unis
Les données du rapport Jolts de juin montrent un léger recul des postes à pourvoir mais une hausse des embauches et un nombre de licenciements inchangé. Une bonne nouvelle pour la Fed avant les données de juillet publiées ce vendredi.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- Xavier Niel entre au capital d'Edenred
Contenu de nos partenaires
-
« Cette campagne va être d’un niveau de manipulation inouï » : Gabriel Attal à son tour ciblé par la désinformation russe
Après Raphaël Glucksmann et Edouard Philippe, c'est au tour du candidat Renaissance d'être visé par une manipulation russe sur la plateforme X -
EXCLUSIF« Les critiques contre X sont le fait d’une frange opposée à la liberté d’expression »
Le patron de X France dénonce une hostilité particulière en France contre le réseau social détenu par Elon Musk, visé par une enquête judiciaire, et défend les efforts de modération et de transparence de la plateforme -
CouscoussièrePourquoi la classe politique reste si dépendante au réseau social X
Malgré les appels au boycott, le réseau social d’Elon Musk demeure incontournable avec près de 600 millions d’utilisateurs actifs. Seuls quelques puristes à l’image de Sandrine Rousseau ont migré sur Bluesky, sacrifiant un peu de leur visibilité médiatique au nom de leurs valeurs.