Le FMI presse Athènes de mener à bien les négociations sur l’échange de dette
Il s’agit bien d’«une entreprise colossale, absolument unique», a tenu à souligner hier le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos en évoquant les nombreuses mises au point encore nécessaires pour mener à terme les procédures liées au plan de sauvetage du pays. Un plan décidé fin juillet en urgence par les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro face au spectre de la faillite de la Grèce. «Regardez le nombre d’acteurs qui doivent coopérer: les pays, les organisations, les banques, les agences de notation», a plaidé le ministre grec. Pour autant, le dirigeant politique espère achever début octobre l’ensemble des procédures, y compris celles relatives à l’échange obligataire avec les créanciers privés.
Les autorités grecques avaient précédemment fait connaître leur intention de commencer l'échange obligataire en août et de le terminer rapidement. Elles n’ont pas dit quand elles demanderaient officiellement la mise en œuvre du nouveau plan de sauvetage de 109 milliards d’euros. Les banques grecques, qui sont les principaux détenteurs privés de papier souverain grec et qui perdront de l’argent dans l’opération, s’attendent à ce que l'échange soit achevé en septembre.
Car la pression monte. Hier, le directeur du département européen du Fonds monétaire international, Antonio Borges, a appelé la Grèce et ses créanciers privés à conclure rapidement les négociations sur l'échange de dette, pour des échéances plus longues et des taux d’intérêt moindres, afin que le pays puisse mettre en œuvre son programme d’ajustement. «Pour assurer le succès du programme des autorités dans un contexte qui demeure fragile, il est important de conclure rapidement ces discussions et que les créanciers prennent les bonnes décisions sur leur participation à l’opération d'échange de dette», a avancé Antonio Borges.
Selon les estimations de l’association mondiale des banques, l’Institut de la finance internationale (IFI), 90% des détenteurs privés de dette grecque arrivant à échéance en 2020 participeront au programme d'échange. Les créanciers du secteur privé ont accepté une perte de 21% sur leurs avoirs obligataires dans le cadre de leur contribution de 37 milliards d’euros au plan de sauvetage de la Grèce.
Selon Evangelos Venizelos, la Grèce devrait pouvoir revenir sur le marché obligataire en 2014.
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