Le FMI appelle l’Allemagne à dépenser plus
L’Allemagne ne doit pas se reposer sur ses lauriers, estime le Fonds monétaire international (FMI) dans sa revue annuelle de l’économie allemande, mais investir dans ses infrastructures, réduire la fiscalité du travail et encourager les hausses de salaires. Le pays récolte aujourd’hui les fruits de ses réformes passées, avec des perspectives économiques «brillantes», a estimé hier Enrica Detragiache, directrice adjointe du FMI pour l’Europe, lors de la présentation des conclusions de cette revue, mais a un rôle à jouer dans la sortie de l’environnement actuel de faible inflation et de taux bas en zone euro.
En investissant davantage, l’Allemagne participerait également à la réduction de son excédent des comptes courants, explique le FMI. Alors que le pays est critiqué par les Etats-Unis et par Bruxelles pour le niveau très élevé de son excédent, à 8,3% en 2016, le FMI estime qu’il devrait rester «assez élevé» dans les années qui viennent, reculant progressivement à 7,5% du PIB en 2022 sans changement de politique. «Des politiques qui soutiennent l’investissement public et privé et réduisent le besoin d’épargne privée (notamment via la promotion de vies actives plus longues) accélèreraient le nécessaire rééquilibrage externe», écrit le FMI.
Infrastructures, réfugiés, petite enfance...
Pour y parvenir, l’Allemagne «devrait consacrer sa marge de manœuvre budgétaire à des initiatives qui renforcent le potentiel de croissance, telles que l’investissement dans les infrastructures physiques et numériques, la prise en charge de l’enfance, l’intégration des réfugiés et l’allègement de la charge fiscale sur le travail».
Alors que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, blâme régulièrement la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) pour expliquer cet excédent, la faible valorisation de l’euro rendant plus compétitifs les produits allemands à l’étranger, le FMI souligne l’importance de l’évolution des salaires et de l’inflation outre-Rhin pour sortir de cette politique. «Les autorités pourraient utilement mettre l’accent dans leur communication publique sur l’importance d’une croissance robuste des salaires et des prix dans la conjoncture actuelle», observe le Fonds, qui craint qu’une longue période de faible inflation ait rendu les salariés moins enclins à demander des hausses de salaires. Si ces craintes devaient se réaliser, prévient le FMI, «le rééquilibrage de la compétitivité au sein de la zone euro serait retardé», et la normalisation monétaire ralentie.
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