Le financement de la dette italienne devient plus ardu
Comment l’Italie va-t-elle faire face à la hausse de ses besoins de financement cette année ? Le pays va devoir émettre environ 250 milliards d’euros d’obligations à moyen et long terme d’ici la fin d’année, soit 12 milliards de plus que l’an dernier. Ce montant permettra de couvrir 200 milliards de tombées de titres, et 50 milliards de besoins de trésorerie. Le Trésor italien a indiqué que le programme d’émission sera mené de manière à satisfaire les segments les plus demandés par les investisseurs, et à conserver une liquidité suffisante sur l’ensemble des maturités de la courbe. De nouvelles souches de BTP à 15 et 30 ans devraient être créées, ainsi qu’une de titres indexés sur l’inflation européenne 10 ans. Une émission en devise étrangère est aussi envisagée, afin de diversifier la base d’investisseurs.
Pic de rendement à 3,68% en 2018
«L’offre de titres italiens devrait se réduire sur les maturités moyennes de 5 et 7 ans, à 11,2% chacune des émissions totales en 2019 (contre 13,1%, et 12,9% en 2018). Elle progresserait sur la partie courte inférieure à 5 ans, ainsi que sur la maturité à 10 ans à 18,4%, contre 15% en 2018», estime UniCredit.
Malgré une année 2018 tendue qui a vu le rendement italien à 10 ans atteindre un plus haut de 3,68% nettement supérieur à son niveau moyen de 2,1% enregistré au cours de l’année, à cause d’un déficit budgétaire, qui a été relevé de 2 points de PIB par le nouveau gouvernement, le coût moyen de la dette italienne n’est passé que de 0,68% en 2017 à 1,07% en 2018. La maturité moyenne est restée stable à 6,8 ans. Le contexte d’aversion pour le risque et les concessions faites par Rome ont permis au taux à 10 ans italien de se détendre de 70 pb depuis mi-novembre pour revenir à 2,88%, et au spread de se resserrer de 50 pb face au rendement du Bund autour des 270 pb depuis deux semaines, alors que les spreads des autres pays sont restés stables.
La séance d’hier marquée par un regain d’aversion pour le risque a cependant fait grimper le taux 10 ans de 20 pb. Elle montre que l’appétit des investisseurs pour la dette du pays est loin d’être garanti. Outre la hausse des émissions, le montant de titres à absorber cette année sera accru par le recul des achats de la BCE qui se limiteront au réinvestissement de tombées. Goldman Sachs estime que l’autorité n’absorbera que 14% des émissions de BTP, après 50% en 2017 et 26% en 2018.
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