Le financement alternatif des PME monte en puissance en Europe
Avec un nombre record de 73 opérations menées à bien au troisième trimestre, le financement des PME (mid-market) émanant d’acteurs non bancaires a progressé de 109% d’un an sur l’autre, montre la cinquième édition du baromètre «Alternative Lender Deal Tracker», publié par Deloitte à partir d’un panel de 35 prêteurs ayant financé plus de 300 transactions au cours des 24 derniers mois, avec une enveloppe unitaire allant jusqu’à 350 millions d’euros.
Le marché des fusions et acquisitions (M&A) représente près de la moitié (49%) des financements apportés par ces fonds de dette, de plus en plus souvent impliqués dans des rachats de sociétés par leurs dirigeants (MBO). Ces derniers sont à la recherche d’une alternative au marché boursier lorsqu’ils ressentent le besoin de lever des fonds pour financer leur croissance. Si les transactions à effet de levier (LBO) et le marché de la dette hybride ont été plus volatiles au cours des derniers mois, les acteurs du financement alternatifs ont davantage recours à des «club deals» qui leur permettent d’augmenter la taille moyenne de leurs entreprises clientes.
«Les prêteurs alternatifs visent désormais l’Europe continentale en mettant en place des équipes d’origination dédiées à ces marchés, d’où une proportion record de 63% des transactions enregistrées hors du Royaume-Uni au troisième trimestre 2014, contre seulement 29% un an plus tôt, commente par ailleurs Fenton Burgin, en charge du marché de la dette outre-Manche chez Deloitte. Le financement unitranche occupe la première place du podium au Royaume-Uni (47% des transactions), alors qu’en Europe continentale c’est la dette senior qui domine avec 41% des opérations. Certaines entreprises européennes ont en outre obtenu des conditions de financement plus favorables que leurs homologues américaines au sein d’un même secteur.
Pour l’année 2015, Deloitte s’attend à une activité soutenue pour ces prêteurs alternatifs qui continueront à bénéficier de taux d’intérêt peu élevés, dans un contexte réglementaire qui reste défavorable aux établissements bancaires traditionnels en Europe. Celles-ci réagissent néanmoins en proposant des structures de financement plus souples («term loans B» sans amortissement du principal). Le cabinet chiffre à plus de 15 milliards d’euros le montant des fonds qui seront levés sur le marché de la dette privée en Europe au cours des douze prochains mois.
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