Le dossier des changes s’annonce coûteux pour les banques européennes
Cinq poids lourds européens (Barclays, Deutsche Bank, UBS, Royal Bank of Scotland et HSBC) ont déjà provisionné 16,4 milliards d’euros pour des litiges juridiques à fin 2013. Selon les évaluations de plusieurs analystes citées par le Financial Times, cet effort, bien qu’en voie de diminution, serait loin d’être suffisant, alors que ces acteurs bancaires se retrouvent empêtrés dans une affaire de manipulation du marché des changes.
Exane BNP Paribas estime ainsi que ces établissements pourraient consacrer 8,5 milliards d’euros de plus à ce dossier, tandis que Mediobanca table sur 9 milliards d’euros pour 2014 et 2015. JPMorgan, de son côté, se montre encore plus pessimiste avec une estimation à 10,6 milliards d’euros. Une large partie de ces provisions serait allouée à l’extinction des poursuites concernant les changes.
Les cinq établissements cités par les analystes se taillent la part du lion sur ce marché. D’après une récente étude de Greenwich Associates, Deutsche Bank et UBS sont en pole position, avec des parts de marché comprises entre 12% et 12,5%, suivies par Citi (11,7%), Barclays (10,5%) et JPMorgan (6,2%).
Pour Daniel Davies, analyste chez Exane BNP Paribas, «il s’agit d’un enjeu important affectant les banques d’investissement en termes de cours de Bourse». «Vous pouvez considérer cela du point de vue des bénéfices, mais cette situation touche aussi leur capacité à accroître leurs fonds propres», ajoute-t-il.
L’impact de la facture juridique (coûts et provisions) est déjà lourd. Selon les données du «Conduct Costs Project» compilées par la London School of Economics, les dix principales banques européennes et américaines affichent un total cumulé de 177 milliards d’euros sur la période 2008-2012. Les motifs de litiges n’ont cessé de se mutiplier, qu’ils concernent le crédit hypothécaire, les indices interbancaires (Libor) ou des relations commerciales avec des pays sous embargo (l’Iran notamment).
Dernier développement en date, la SEC, le gendarme boursier américain, a ouvert une enquête sur de possibles manipulations de prix concernant les options et fonds indiciels cotés (ETF), rapporte Bloomberg. La Commodity Futures Trading Commission (CFTC), chargée de la régulation des marchés à terme, s’est également emparée du dossier.
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