Le débat autour du trading haute fréquence contrarie le projet de cotation de Virtu
Le contexte hostile au trading haute fréquence provoque déjà des dégâts. Sur la recommandation des banques qui le conseillent dans le cadre de son introduction en Bourse, au premier rang desquelles Goldman Sachs, Virtu Financial aurait décidé de suspendre son projet, rapportent plusieurs organes de presse. Cette société avait déposé son prospectus le mois dernier et, selon le Financial Times, attendait le feu vert de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américain. Elle devait démarrer sa tournée des investisseurs au début de la semaine prochaine.
Le FBI a confirmé lundi qu’il menait depuis un an une enquête sur les sociétés de trading haute fréquence. Il veut déterminer si leurs techniques constituent un délit d’initié. En effet, l’utilisation de technologies permettant la diffusion ultra-rapide de données pourrait leur permettre de disposer d’informations sur les passages d’ordres avant les traders conventionnels. Ces mêmes systèmes leur permettraient également de jouir d’un accès privilégié aux Bourses au moment de passer leurs ordres.
Signe supplémentaire de l’importance de l’enquête, la SEC, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), qui supervise le marché des produits dérivés aux Etats-Unis et la Financial Industry Regulatory Authority (Finra) qui chapeaute les courtiers, collaborent avec le FBI. Par ailleurs, le procureur général de l’Etat de New York Eric Schneiderman s’intéresse également au lien entre les Bourses et les sociétés de trading, dans le cadre d’une vaste enquête qu’il a nommée «Insider Trading 2.0» et qui met également en cause le trading haute fréquence. Il critique notamment le privilège qu’ont les professionnels utilisant ces techniques de placer leurs ordinateurs au plus proche des infrastructures de marché afin de gagner de précieuses microsecondes.
La sortie extrêmement médiatisée lundi d’un livre-enquête qui accuse ces acteurs d’avoir des pratiques illégales (Flash Boys, par Michael Lewis, un ancien trader de Salomon Brothers) a achevé de relancer le débat sur la place publique.
Cette conjonction de mauvaises nouvelles a pesé sur les acteurs cotés mardi. KCG, issue de la fusion entre Knight Capital et Getco, a clôturé la séance en recul de 3,3%. Les actions de Nasdaq OMX, dont une partie de l’activité est liée aux sociétés de trading haute fréquence, a chuté de 3,1% le même jour.
Plus d'articles du même thème
-
Deutsche Börse échapperait à une supervision européenne obligatoire
Berlin a obtenu une dérogation pour que la place boursière allemande puisse rester sous le contrôle de son régulateur national, selon le Financial Times. -
« Les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs plaident pour une position modérément surpondérée »
Bart aan de Toorn, gérant et membre du comité d'investissement de l'équipe crédit chez VLK IM -
«Nous anticipons une appréciation du yen d'ici à la fin de l'année»
Evelyn Herrmann, économiste Europe chez Bank of America
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Onde de chocAffaire Lyhanna : le dilemme d'Emmanuel Macron
Face à la crise provoquée par la mort de la jeune Lyanna, le chef de l'Etat doit trouver la bonne distance et les mots justes pour témoigner de l'empathie sans chercher à instrumentaliser -
« Dans les start-up de défense, le réseau compte autant que la technologie »
Pour l'investisseuse Louise Boucher, avoir le bon produit ne suffit pas. Les jeunes entreprises d'armements doivent rapidement recruter des profils ayant de bonnes connexions chez les décideurs militaires -
Shahed, fais-moi peurGuerre des drones : l'effervescence française
Avec ses start-up Alta Ares et Harmattan AI, la France compte de nombreux atouts dans le secteur des drones. Mais la compétition européenne et la production ukrainienne à grande échelle menacent leur percée sur un marché en mutation rapide