«Le dark trading est une bonne chose pour la structure des marchés»
- L’Agefi: La fragmentation des marchés liée à l’apparition de lieux de transaction alternatifs comme le vôtre constitue-t-elle un risque pour la formation du prix sur les marchés d’actions ?
- Per Loven : L’OTC (gré à gré) a été de 30 à 40% en Europe depuis 20 ans et cela n’a pas eu un impact négatif. Les 40% du trading que le London Stock Exchange a perdus ne sont pas allés majoritairement vers des dark pools mais vers d’autres marchés comme Bats/Chi-X. Je ne vois pas en quoi le fait que l’on passe au-dessus de 5% de dark trading est un problème. Nous ne sommes pas proches du moment où cela devient un problème.
- En quoi l’absence persistante d’enregistrement des données consolidées est-elle un problème ?
- On manque de règles pertinentes sur le reporting des transactions et cela empêche la consolidation. La solution serait pourtant très simple: créer un système unique d’enregistrement obligatoire. Cela fonctionne très bien aux Etats-Unis. Mais en Europe, toute une industrie s’est construite autour de la vente de données et beaucoup d’acteurs n’ont pas intérêt à ce que cela change, même si ce serait très bénéfique pour les investisseurs. Avec la révision de MIF, on a manqué une occasion de le faire.
- La question de la taille limite des ordres qui peuvent être passés sans transparence pre-trade reste un sujet de négociation dans le cadre de la révision de MIF. Quelle est votre position ?
- Nous avons toujours dit que le «dark trading» est une bonne chose pour la structure des marchés et pour les investisseurs dès lors que cela permet d’offrir quelque chose de plus que ce qu’on trouve sur un marché liquide. C’est le cas quand cela réduit l’impact des grands ordres sur le marché et améliore l’exécution. Pour les ordres de petite taille, il n’y a pas de raison de bénéficier d’une exemption sur la transparence pre-trade sauf si une amélioration du prix est offerte. Ce que propose actuellement le Parlement européen nous semble très équilibré. Cela permettrait de ramener sur les Bourses beaucoup de transactions qui ont actuellement lieu sur dark pools et de s’assurer que les Bourses traditionnelles continuent d’être les lieux de formation du prix. La position du Conseil Ecofin, qui consiste à limiter le dark trading même quand il permet d’offrir un meilleur prix aux investisseurs, est, elle, excessive. Heureusement, le compromis n’a pas encore été scellé.
{"title":"","image":"79947»,"legend":"Per Loven»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Pascale Auclair et Julien Granotier rejoignent la Commission des sanctions de l’AMF
Ils remplacent Frédéric Bompaire et Sophie Schiller, à raison de leur compétence financière et juridique. -
Francfort, on a un problème !
La dérive des taux et des spreads de la France touche par contagion l'ensemble de la zone euro. Si elle s'accentue, la BCE ne pourra rester longtemps l'arme au pied. -
Budget 2027 : le régime du loueur de meublé non professionnel raboté par Bercy
Si l'épargne échappe à un durcissement de la fiscalité, les revenus issus de la location meublée, eux, sont bien dans le viseur du gouvernement.
ETF à la Une
Arnaud Gihan (BlackRock) : « Les ETF permettent aux CGP de construire des solutions sur-mesure pour les clients »
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
- CNP Assurances pourrait souffler les contrats emprunteurs de Tégo à Allianz et AGPM Klésia
Contenu de nos partenaires
-
Troisième acteDésindexer les retraites : faisons les comptes
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle -
Restaurants à Paris : les nouvelles tables incontournables de la rentrée
Entre fusion asiatique, néo-bistrots, speakeasy clandestins et influences italo-japonaises, la scène culinaire parisienne se réinvente cet automne à travers de nouvelles tables audacieuses. -
Face à la colère des lycéens, le gouvernement recule sur les frais d’inscription en BTS et en classe préparatoire
Face au mouvement lycéen qui s’intensifie, l’exécutif est revenu sur l’instauration de frais d’inscription dans les CPGE et les BTS, qui sont aujourd’hui gratuits, a contrario des universités. La mesure aurait permis de rapporter plus de 30 millions d'euros à l'Etat.