Le Crédit Agricole tire les leçons de son échec dans le courtage actions

Le projet de cession intégrale de CLSA clarifie une opération compliquée. La valorisation de l’entité varie fortement selon les analystes
Virginie Deneuville

Engagé dans un projet de cession intégrale de CLSA à Citic Securities (Citics), Crédit Agricole tire un trait sur la «création d’un leader mondial du courtage». Dans le cadre de ce projet, Cheuvreux, en perte, restera pour le moment dans le giron de la banque verte.

L’évolution des négociations avec Citics reflète «la volonté de la banque française de continuer de réduire la voilure dans la BFI et visiblement plus spécifiquement sur la ligne métier actions», relève les analystes de Natixis, rappelant que le groupe a décidé de sortir des activités de dérivés sur actions fin 2011. La restructuration entreprise par «le nouveau management vise à faire de Crédit Agricole SA une banque de détail avec une activité de BFI tournée vers la clientèle et recentrée sur les métiers de FICC (fixed income, devises et matières premières, ndlr)», rappelle Natixis.

Ce projet de cession intégrale permet de clarifier la situation, selon Oddo Securities (Oddo). Le projet initial, à savoir « la participation à 19,9% de Citics dans un ensemble CLSA - Cheuvreux à intégrer n’était pas très lisible», estime l’analyste, qui souligne que «le risque d’exécution (…) était important».

Alors que cette part de 19,9% était valorisée 374 millions de dollars (281 millions d’euros) dans l’accord initial, les analystes extrapolent. Compte tenu «des résultats de Cheuvreux, il est probable que l’essentiel de la valorisation était attribuable à CLSA. Si c’est bien le cas, cela impliquerait une valorisation de CLSA à 100% entre 1,5 et 2 milliards de dollars», juge Oddo. La part restante de CLSA «devrait être valorisée autour de 1,5 milliard de dollars», estime de son côté RBS, tandis qu’un autre analyste table sur un montant global compris entre 1 et 1,5 milliard.

Parallèlement, le sort de Cheuvreux reste en suspens. Aux yeux de Natixis, «Cheuvreux a été exclu du périmètre de négociation en raison de ses faibles performances opérationnelles (perte en 2010 et 2011)», estime Natixis. «Crédit Agricole cherche à vendre Cheuvreux, mais à quel prix?, s’interroge un analyste. Il faut attendre un contexte plus porteur et d’ici là, restructurer l’entité».

Le redressement de la rentabilité de Cheuvreux passe «vraisemblablement par une meilleure intégration avec CA CIB (banque de financement et d’investissement) et, peut-être des ajustements de moyens», estime Oddo. Des suppressions de postes ont déjà été annoncées.

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