Le Crédit Agricole élargit sa palette de refinancement aux prêts à l’exportation
Le Crédit Agricole a levé hier un milliard d’euros d’obligations sécurisées (covered bonds) à sept ans. Il s’agissait de l’émission inaugurale de son nouveau véhicule, baptisé Crédit Agricole Public Sector SCF. L’opération a été couronnée de succès puisque le livre d’ordres a dépassé la somme de 1,6 milliard d’euros. Les titres sont adossés à des prêts à l’exportation accordés par CA CIB, la banque d’investissement du groupe, et garantis par les assureurs crédits Coface, Euler Hermes, ECGD – qui bénéficient tous d’une notation AAA.
«Le véhicule est destiné à refinancer l’exposition du Crédit Agricole aux crédits export; mais nous avons laissé la porte ouverte, dans un deuxième temps, à l’éventualité d’adosser des prêts aux collectivités locales ou régionales françaises», indique à L’Agefi Nadine Fédon, responsable du refinancement de Crédit Agricole SA, la structure cotée de la banque verte. Le nom du véhicule sous-entend en effet la notion d’exposition publique.
Jusqu’à présent, les crédits export octroyés par le groupe étaient refinancés de manière globale. «L’objectif est de diversifier la palette de véhicules à disposition du groupe, pour faciliter son refinancement sur les marchés», indique Nadine Fédon. Seule CA Home Loan SFH émettait des obligations foncières, c’est-à-dire des obligations sécurisées adossées à des prêts à l’habitat.
Mais la crise financière, puis la crise de la dette souveraine a poussé les banques dites universelles – dont le modèle repose sur l’utilisation du bilan dans l’activité de prêt – à s’orienter vers un modèle à l’anglo-saxonne, lequel implique la vente immédiate des crédits arrangés sur les marchés financiers («originate to distribute»). Une telle stratégie évite à un établissement de mobiliser ses fonds propres, très sollicités par la nouvelle réglementation bancaire de Bâle 3.
Il se trouve qu’une part importante des prêts concernés par CA Public Sector SCF correspond à des activités de financement fortement mobilisatrices de capitaux propres: l’aéronautique (aircraft finance) représente 58% du sous-jacent, l’énergie 20%, les mines 8% et les infrastructures 4%. L’opération d’hier - dont le prix est ressorti à 50 points de base au-dessus des midswaps, pour un coupon de 1,875% -, s’intègre dans un programme de 10 milliards d’euros. CASA entend réaliser en moyenne une émission par an d’environ un milliard.
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