Le conseil d’administration de Suez rejette l’OPA de Veolia
C’est toujours non. Suez a annoncé vendredi que son conseil d’administration avait rejeté l’offre publique d’achat (OPA) de Veolia de 18 euros par action. Lors d’un réunion tenue mercredi, le conseil d’administration de Suez a décidé à l’unanimité « que les conditions n'étaient pas réunies pour accueillir favorablement » le projet de rachat de Veolia. Le PDG de ce dernier, Antoine Frérot, avait une nouvelle fois appelé jeudi le conseil d’administration de Suez à le recevoir pour qu’il expose son projet.
Suez a réitéré plusieurs critiques sur l’OPA de son rival, avançant que « la valeur intrinsèque » du groupe est supérieure au prix proposé par Veolia, et que ce prix ne prend pas en compte les synergies liées à l’offre. Suez a également de nouveau pointé « de sérieux problèmes de concurrence » liés à l’opération et réaffirmé que le dépôt du projet d’offre constituait une violation de l’engagement d’amicalité de Veolia.
Suez a également affirmé qu’il prendrait « toute mesure utile pour s’assurer que Veolia n’impose pas ses propres intérêts » lors de sa prochaine assemblée générale des actionnaires. Le directeur général du groupe, Bertrand Camus, a indiqué lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, que la date de cette assemblée générale n'était pas encore fixée.
Le groupe a dit avoir mandaté en qualité d’expert indépendant le cabinet Finexsi dans le cadre du règlement général de l’Autorité des marchés financiers, afin de rendre sa note en réponse au projet d’OPA de Veolia.
Suez tente de résister à l’offensive de Veolia qui a déposé début février une offre publique d’achat (OPA) hostile sur les 70,1% du capital de son rival qu’il ne possède pas encore.
Retour à la croissance en 2021
Suez a fait ces annonces vendredi tout en livrant ses perspectives 2021 et des résultats annuels marqués par la crise sanitaire.
Pour l’année en cours, Suez a pour objectifs des revenus supérieurs à 16 milliards d’euros et « un retour de la croissance organique », un résultat opérationnel (Ebit) compris entre 1,4 milliard et 1,6 milliard d’euros, un bénéfice net par action de 0,8 à 0,85 euro et un flux de trésorerie libre récurrent de plus de 500 millions d’euros.
Le groupe a accusé en 2020 une perte nette part du groupe de 228 millions d’euros, contre un bénéfice net de 352 millions d’euros en 2019. L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) s’est établi à 2,8 milliards d’euros, contre 3,2 milliard d’euros en 2019. Il a représenté 16,4% du chiffre d’affaires, contre 17,9% en 2019.
Le chiffre d’affaires de Suez a reculé de 4,5%, à 17,2 milliards d’euros. A taux de change et périmètre constants, les ventes sont ressorties en baisse de 2,8%.
Plus d'articles du même thème
-
Safran discute d'une offre de 2,2 milliards d'euros sur Exail Technologies
L'équipementier aéronautique négocie avec la famille Gorgé un rachat de son bloc de 41 % du capital du spécialiste des drones sous-marins au prix de 128,50 euros par action. Une telle reprise entraînerait une OPA sur le pensionnaire du SBF 120. -
EasyJet entrouvre la porte à Castlelake
Le fonds américain voit rejetée sa 4e offre, portée à 4,93 milliards de livres, sur le groupe de transport aérien. Mais il va pouvoir accéder à une partie des comptes. -
Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
La société de gestion du fonds d’Abou Dhabi réclame au préalable des engagements d’apport pour au moins 80% du capital. Pour éviter le blocage de minoritaires, il promet une prime de 0,10 euro par action ordinaire, s’il parvient à sortir la société de la cote.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable