Le co-investissement continue de gagner en popularité dans le private equity
Avec des rendements nets annuels de plus de 11% anticipés par 86% des investisseurs (LP, pour limited partner), le capital-investissement (ou private equity) renforce encore plus son attractivité, montre le dernier baromètre publié par Coller Capital. «La machine du private equity est repartie. Sur le premier semestre 2013, l’excès de distributions par rapport aux appels de fonds s’établit aux alentours des 130 milliards de dollars», explique François Aguerre, associé chez Coller Capital.
De quoi inciter plus d’un tiers des LP (37%) à accroître leur allocation cible en capital-investissement au cours des douze prochains mois. Une orientation qui devrait s’accompagner d’un étoffement des équipes spécialisées. Un fonds souverain sur deux, par exemple, prévoit d’augmenter ses effectifs dédiés au cours des douze à dix-huit prochains mois.
Dans ce contexte positif, la démarche de co-investissement monte en puissance. Au cours des deux dernières années, 54% des LP ont co-investi aux côtés des fonds. Aujourd’hui, deux tiers des LP nord-américains et la moitié des Européens indiquent vouloir recevoir davantage de propositions de co-investissement. «Cela demande un vrai travail de service client au niveau des équipes de gestion pour être meilleur dans la répartition du co-investissement», estime François Aguerre.
Alors qu’un LP «type» investit aujourd’hui 10% de ses engagements directement dans des entreprises privées (en solo ou via un co-investissement avec des équipes de gestion), cette proportion devrait atteindre 15% d’ici trois à cinq ans. Une évolution qu’il convient de souligner, alors que la recherche académique récente tend à mettre en lumière une certaine surperformance des investissements directs (en solo) par de très grands institutionnels par rapport à du co-investissement. C’est le constat plutôt surprenant que fait une étude sur l’investissement direct dans le private equity conduite par des chercheurs de l’Insead et de Harvard.
Sur le plan géographique, les LP affichent leur préférence pour le small et le mid-market en Europe et en Amérique du Nord. En revanche, la France occupe une position à part, avec des problématiques spécifiques (fiscalité, macro), ce qui nécessitera «un effort supplémentaire, notamment au niveau commercial, pour séduire les LP internationaux», prévient François Aguerre.
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