Le chantier de la Banque publique d’investissement est lancé aujourd’hui
BPI: l’acronyme est déjà connu. Cette banque publique d’investissement, Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, devrait en dresser le profil ce mercredi, à l’issue du Conseil des ministres. Sa création en faveur des PME et ETI (entreprises petites, moyennes et de taille intermédiaire) a pour objectif central, explique-t-on dans la majorité présidentielle, de rendre le dispositif des financements accordés par la Caisse des dépôts (CDC), le Fonds stratégique d’investissement (FSI) et Oséo plus puissant, plus réactif, et plus lisible.
«Les organismes concernés s’organiseront en conséquence, toutes les compétences pouvant être mobilisées», explique un proche. Pour plus de proximité, «les réseaux respectifs d’Oséo et du FSI régionalisé poursuivront leurs missions». Au-delà, «la forme juridique définitive de la BPI reste à préciser», comme son capital, «étant entendu que la CDC jouera un rôle central».
La nécessité d’une meilleure coordination doit tenir compte de la différence des deux activités exercées : l’apport de fonds propres et le crédit. Les fusionner dans une même structure mènerait à des conflits d’intérêts dommageables pour l’ensemble. Il y aurait donc deux branches. Pour la première, l’ensemble des mécanismes de garanties, d’octroi de prêts et d’aide publique pourrait être regroupé au sein d’Oséo qui devrait œuvrer sans cofinancement bancaire. Cette entité nouvelle pourrait même distribuer les aides à l’export actuellement dans les mains de Coface, ce qui supposerait de retirer sa régie à la filiale de Natixis, société privée cotée. Pour créer la seconde branche, le FSI et CDC Entreprises pourraient être fusionnés. Les fonds sectoriels (numérique, nucléaire, ferroviaire, etc.) pourraient y être intégrés, relevant cette fois d’une activité de fonds de fonds, avec un co-investissement dans les fonds régionaux de capital-risque.
Reste à savoir quelle serait la structure faîtière de ces deux branches. Chaque entité concernée se déjà dit la mieux placée pour «incarner» la BPI. Trois options, donc: la CDC comme pivot, le FSI absorbant Oséo ou Oséo reprenant le FSI…. Selon celle choisie, la marge de manœuvre du pouvoir exécutif ne sera pas la même. Dans tous les cas la gouvernance sera modifiée, une présence des régions et partenaires sociaux dans les instances de la BPI étant souhaitée.
Plus d'articles du même thème
-
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée. -
Rheinmetall paie encore les incertitudes entourant ses commandes publiques
Le spécialiste allemand de l’armement, qui a une nouvelle fois abaissé sa prévision de chiffre d’affaires annuel, table désormais sur une stabilité de sa marge d’exploitation.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt