Le changement d’actionnaires de Newedge va accélérer sa restructuration

Le rachat de 50% du courtier par la Société Générale pour 275 millions d’euros reflète la perte de valeur depuis 2008 de l’activité d’exécution, aux coûts trop élevés
Alexandre Garabedian

Une perte de valeur de plus de moitié en six ans. Tel est le bilan de l’opération Newedge pour ses actionnaires. La Société Générale a confirmé le rachat des 50% du Crédit Agricole dans le courtier en produits dérivés, créé en 2008 en rapprochant Fimat et Calyon Financial. Elle déboursera 275 millions d’euros, alors que ces 50% étaient valorisés à 630 millions selon son document de référence 2008.

Crédit Agricole SA a d’ailleurs dû enregistrer au troisième trimestre une nouvelle dépréciation, de 155 millions, relative à la vente.

La crise financière est passée par là. En 2012, le produit net bancaire de Newedge a fondu de 10%, à 821 millions d’euros; le résultat d’exploitation, de 36% à 55 millions. En 2008, il était quatre fois supérieur.

L’activité d’exécution du courtier souffre. Sa restructuration a commencé fin 2012 avec l’annonce de 450 suppressions de postes, soit 16% de l’effectif, et le retrait de Newedge de certains marchés comme l’Allemagne ou la Suisse. La scission du brokerage a en revanche été gelée, faute de prétendants et en raison des discussions entre les deux actionnaires.

Seule aux commandes de Newedge – dont Christophe Mianné prend la présidence et David Escoffier la direction générale à la place de Nicolas Breteau –, la Société Générale va pouvoir en accélérer la restructuration. Le courtier pâtit de structures de coût d’un autre temps. «Le brokerage est un métier à petits fixes et gros bonus, où les salariés et non l’actionnaire captent le gros de la valeur», glisse un proche des négociations.

Si la Société Générale a choisi de reprendre 100% du capital, c’est qu’elle s’intéresse à la deuxième activité du groupe: le clearing. Les dérivés, de taux notamment, sont promis de plus en plus à une compensation centralisée. «Les clients demanderont une optimisation de leur collatéral sur plusieurs classes d’actifs. Newedge aura un rôle à jouer, en lien peut-être avec SGSS», la filiale de conservation de titres, note un proche du dossier.

La transaction reflète en revanche la forte création de valeur chez Amundi, l’autre joint-venture de CASA et de la Société Générale. Celle-ci va ramener à 20% sa part au capital en vendant 5% pour 337,5 millions, ce qui valorise le gestionnaire à 6,75 milliards d’euros. A sa création en 2009, la valeur nette des titres Amundi inscrits au bilan de CASA atteignait 3,34 milliards, soit 4,5 milliards pour 100% du capital.

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