Le capital risque recommence à investir dans les biotechs françaises
Sur les cinq premiers mois de l’année, ces fonds ont assuré 62% des financements du secteur contre 25% un an plus tôt
Publié le
Bruno de Roulhac
Le capital risque recommence à investir dans les biotechs françaises - Photo : PhB
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Malgré la crise, les biotechs françaises trouvent davantage de financement. En 2012, les 186 sociétés concernées (moins de 250 salariés et au moins 15% des dépenses consacrées à la R&D) ont réussi à lever 364 millions d’euros, soit une hausse de 27% en un an, constate le Panorama 2012 de France Biotech. Cette progression a été assurée pour plus de la moitié par les introductions en Bourse (8 en 2012).
Depuis le début de l’année, seules trois sociétés se sont introduites : la biopharmaceutique Erytech (pour une levée de 17,7 millions) sur le compartiment C, et les spécialistes des implants pour la colonne vertébrale Spineway (4,9 millions) et des solutions de perçage dans la chirurgie du dos Spineguard (8,1 millions) sur Alternext. La biotech belge spécialisée dans les traitements des déficiences cardiaques, Cardio3 BioSciences, devrait les rejoindre sur les cotes de Bruxelles et de Paris dans les prochaines semaines. Aussi, sur les cinq premiers mois de l’année, le financement par une IPO est en recul de 72% sur un an en valeur. Pourtant sur longue période, la France reste le marché le plus dynamique en termes d’introductions en Bourse, avec 27 opérations réussies (pour 491 millions d’euros levés) sur 2007-2012, contre 6 au Royaume-Uni (38 millions de livres), 3 en Suisse (137 millions de francs suisses), et 2 en Allemagne (48 millions d’euros).
En effet, les pays voisins font plutôt appel au capital venture. Néanmoins, le financement via le capital risque repart enfin en France. Après une croissance limitée de 14% l’an dernier, ce segment affiche une hausse de 140% sur la période janvier-mai à 108 millions d’euros, soit près de 80% des montants levés sur l’ensemble de l’année 2012.
Pour l’heure, avec 174 millions d’euros levés sur les cinq premiers mois de l’année, le secteur est en ligne avec ses chiffres de l’an dernier. Le second semestre fera la différence.
Du côté des plus grandes biotechs, l’engouement ne faiblit pas et les opérations de fusions-acquisitions se multiplient. A l’instar de la tentative actuelle de reprise d’Elan par Royalty Pharma, les prix ne cessent de monter. Pour autant, le secteur pharmaceutique européen surperforme nettement le marché, en hausse de 13,5% depuis le début de l’année, contre une progression de moins de 6% pour le Stoxx 600. D’ailleurs, Kepler Cheuvreux est désormais plus prudent sur le secteur, qu’il vient de dégrader à «conserver».
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