Le capital investissement français fait face à une raréfaction des capitaux

L’écart entre les capitaux levés et investis par la profession a atteint un niveau sans précédent de 5,7 milliards d’euros au premier semestre
Virginie Deneuville
Le capital investissement français fait face à une raréfaction des capitaux. Photo: PHB/Agefi
Le capital investissement français fait face à une raréfaction des capitaux. Photo: PHB/Agefi  - 

Les professionnels du non-coté français tirent la sonnette d’alarme face à «une situation gravissime». Le fossé de financement, mesurant l’écart entre les capitaux levés et investis par la profession, a atteint un niveau sans précédent de 5,7 milliards d’euros au premier semestre, selon l’étude semestrielle réalisée par l’Afic (Association française des investisseurs pour la croissance) et Grant Thornton.

Sur les six premiers mois de 2012, les levées de fonds se sont établies à 1,8 milliard d’euros, «soit 28% seulement du montant collecté sur l’ensemble de 2011», a déploré hier Louis Godron, président de l’Afic. Il précise que «10 à 15% des montants levés doivent être conservés en vue de réinvestissements dans les sociétés en portefeuille». Or, contrairement à 2011, «nous n’avons pas aujourd’hui d’indications sur des fonds en passe de boucler de gros véhicules sur la deuxième partie de l’année», a relevé le président.

Alors que les levées de fonds en provenance d’investisseurs étrangers représentaient 52% en 2011, cette part a chuté à 27% sur le premier semestre. Par ailleurs, la part des banques et des assureurs, historiquement les plus importants contributeurs au capital investissement (40% en 2008), est tombée à respectivement 13,5% (9% en excluant les banques étrangères) et 6,9% (3,8% hors assureurs étrangers).

«Un épuisement des ressources pourrait intervenir dès 2013. Il est urgent d’injecter des fonds pour soutenir les entreprises françaises», a réagi Louis Godron, estimant que le projet de loi de finances 2013 va accélérer la raréfaction des capitaux. L’Afic appelle le gouvernement à accroître la part de l’épargne réglementée, telle que le Livret A et l’assurance vie, vers le financement des entreprises et à pérenniser le statut des FIP et FCPI.

Les investissements ont par ailleurs chuté de 42,5% à 2,3 milliards d’euros. Sur ce montant, 66% des capitaux ont été consacrés à des réinvestissements. «De nombreuses équipes ne sont plus en capacité d’investir dans de nouvelles opérations et se concentrent sur leurs portefeuilles», a indiqué Louis Godron. Sur les 4,3 milliards d’euros investis un an plus tôt, 17% avaient été alloués à des réinvestissements. L’investissement moyen réalisé sur le premier semestre 2012 a par ailleurs été divisé par plus de deux, passant de 5,8 à 2,9 millions d’euros.

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