Le calendrier du Brexit se précise
Le 29 mars, quatre jours après le soixantième anniversaire de la signature du Traité de Rome marquant la fondation de l’Union européenne (UE), la Première ministre britannique Theresa May enclenchera formellement la procédure de sortie du Royaume-Uni de l’UE, a confirmé son porte-parole hier. Selon les termes de l’article 50 du traité de Lisbonne, un compte à rebours de deux ans débutera alors pour parvenir à un accord sur les termes de la séparation et sur la relation future entre les deux parties. L’annonce a légèrement pesé sur la livre, qui a perdu 0,24% face au dollar alors que celui-ci cédait 0,12% face à un panier de dix devises majeures d’après l’indice Bloomberg.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a précisé hier que dans les deux jours suivant le déclenchement de l’article 50, il enverrait aux 27 autres membres de l’Union un document exposant les lignes directrices des négociations. Un sommet européen, sans le Royaume-Uni, sera alors convoqué, probablement début mai, avant que François Hollande ne cède le pouvoir. Il validera le cadre des négociations et mandatera Michel Barnier comme négociateur européen, qui aura alors à faire des recommandations sur la poursuite des discussions. Le Conseil des affaires générales, réunissant les ministres des Affaires européennes, devra approuver ces recommandations en émettant un mandat de négociations, permettant finalement aux négociations formelles de débuter, d’ici mai voire juin.
De nombreux points restent à définir entretemps, et en premier lieu le sujet des négociations. Si les Britanniques souhaitent lancer des négociations globales, recouvrant les modalités de sortie et les relations futures, les Européens ont laissé entendre qu’ils chercheraient d’abord un accord sur la facture du Brexit, estimée à environ 60 milliards d’euros, avant de négocier un accord sur les relations futures. La possibilité d’un accord de transition devrait également être rapidement évoquée, le calendrier nécessitant d’aboutir à un accord d’ici la fin 2018 pour qu’il soit adopté par les différents parlements.
Les négociations s’annoncent d’autant plus difficiles que Theresa May se retrouve prise en étau entre une partie de ses parlementaires faisant toujours campagne pour une séparation nette, et les nationalistes écossais et irlandais qui pourraient profiter de tensions entre Londres et Bruxelles pour essayer de faire avancer leurs causes.
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