Le bug Knight Capital témoigne des failles du marché actions américain
Un peu plus de deux ans après le flash crash du 6 mai 2010, les marchés américains connaissent toujours des problèmes techniques qui fragilisent leurs opérateurs. La dernière victime de ces bugs est Knight Capital. Le teneur de marché a perdu 440 millions de dollars après avoir provoqué des fluctuations hors du commun pendant 45 minutes sur des valeurs du New York Stock Exchange mercredi.
Le groupe a massivement envoyé des ordres erronés. Le problème serait lié à l’installation d’un nouveau logiciel, retiré depuis. Mais l’opérateur a perdu près de quatre fois son bénéfice net de 2011. Il a reconnu hier que ses fonds propres ont été sévèrement atteints et assure chercher des sources de financement alternatives pour les renforcer. Certains analystes évoquent un risque de faillite. Le titre de l’opérateur a dégringolé de plus de 67% en deux jours à 3,4 dollars environ.
Mercredi, le titre de China Cord Blood Corp avait gagné jusqu’à 151%. Après avoir passé en revue près de 150 actions, Nyse a décidé d’annuler les ordres effectués sur cette valeur et sur cinq autres. L’annulation des ordres pourrait soulever des questions d’indemnisation par Knight. Ironie de l’histoire, le teneur de marché est l’une des principales victimes de l’introduction en Bourse ratée de Facebook sur le Nasdaq en mai dernier. Elle lui a coûté plus de 35 millions d’euros.
Un mois plus tôt, c’est l’introduction de Bats Global Markets sur son propre système qui avait été annulée pour des raisons techniques. Ces échecs soulignent une nouvelle fois la vulnérabilité techique des opérateurs. L’ancien patron de la SEC, Arthur Levitt, a aussi déploré le manque de moyens des régulateurs et appelé à la constitution d’un groupe d’étude sur l’impact de la technologie sur les marchés. Depuis, mai 2010 les autorités de régulation ont interdit les ordres passés à des prix anormalement élevés ou faibles (stub quotes) et mis en place des coupe-circuits qui suspendent la cotation d’un titre s’il évolue de plus de 10% en cinq minutes.
Début juin, la SEC a proposé d’expérimenter un coupe-circuit plus flexible pour chaque titre et un coupe-circuit général. Le régulateur a aussi demandé aux opérateurs de mettre en œuvre une consolidated audit trail, c’est-à-dire une base de données unique qui retranscrit tous les ordres exécutés ou annulés sur les marchés.
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