Le Brexit provoque un vendredi noir sur les marchés
Les marchés financiers européens viennent de boucler la journée la plus éprouvante depuis celles de la crise financière de 2008. Le choix des électeurs britanniques de sortir de l’Union européenne lors du référendum de jeudi a déclenché une tempête politique et financière qui ravive les inquiétudes sur la solidité de l’Union européenne et de la zone euro. Signe de ces craintes, les spreads sur les dettes souveraines intra-européennes se sont fortement écartés. L'écart entre le Bund allemand à 10 ans et les titres portugais de même maturité s’est par exemple aggravé de 41 points de base pour monter à 337 pb.
Les mouvements ont été particulièrement violents sur le marché des changes. La livre sterling a perdu près de 8% face au dollar et 6% face à l’euro après être tombée à son plus bas niveau depuis 1985 contre le billet vert. Les marchés actions ont souffert, même si certains d’entre eux ont fini au-dessus des plus bas touchés en séance. Le CAC 40 a chuté de 7,94%, sa plus forte baisse en une journée depuis 2008. Le DAX allemand a perdu 6,78%. Milan a plongé de 12%. L’indice élargi européen Stoxx 600 a cédé 6,83%. Le FTSE 100 britannique a en revanche plié de seulement 2,76%. La baisse de la livre peut constituer un facteur de soutien et de compétitivité pour les exportateurs britanniques. Les inquiétudes sur les conséquences du Brexit vont au-delà de l’Europe. A New York, le S&P 500 perdait 2,80%. Ce matin, Tokyo a clôturé en recul de 7,92%.
Les valeurs bancaires sont les plus touchées : la Société Générale a plongé de 20,57%.
Face à ces mouvements, l’heure est à la mobilisation dans les grandes banques centrales de la planète. La Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne (BCE) se sont déclarées prêtes à injecter si nécessaire des liquidités sur les marchés. De son côté, la Banque nationale suisse (BNS) est intervenue sur le marché des changes pour freiner la hausse du franc, dopé par son statut de valeur refuge.
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