LBO France tente de repousser les échéances de dette de WFS
LBO France veut dégager l’horizon de Worldwide Flight Services (WFS). Le fonds d’investissement a demandé le 5 septembre aux créanciers du prestataire de services aéroportuaires de repousser à octobre 2015 les échéances de deux lignes: une facilité de crédit revolving d’un peu moins de 50 millions d’euros et la tranche B des prêts qui avaient servi à financer, fin 2006, le rachat de l’entreprise pour 315 millions d’euros. LBO France espère parvenir à ses fins pour fin septembre.
Le temps presse, et le fonds joue une partie serrée, car il doit obtenir l’accord unanime des créanciers. La facilité revolving, qui sert de contre-garantie aux lettres de crédit données aux aéroports et qui est donc essentielle à l’activité de WFS, tombera fin octobre, alors que la tranche B échoit dans un an. Pour convaincre les prêteurs, LBO France propose de quasiment doubler les marges qu’il paie, à 400 points de base. Les créanciers qui donneront leur accord à cet amend-to-extend avant le 16 septembre toucheront une commission (consent fee) de 50 pb au lieu de 30 pb. ING joue le rôle d’agent sur la transaction.
LBO France avait imaginé au printemps une autre solution pour anticiper ces échéances de dette: une émission obligataire high yield. Le fonds aurait pu au passage se faire payer un dividende exceptionnel financé grâce à cette levée de fonds, une «dividend recap» dans le jargon du private equity. WFS a planché sur le projet pendant plusieurs semaines afin de sortir sur les marchés début juillet. Mais le regain de tensions du début de l’été, dû aux déclarations de la Fed et au risque portugais, a fermé le marché du haut rendement. La société a dû renoncer à émettre et s’est repliée sur une solution bancaire.
WFS a la chance de se présenter devant les investisseurs avec un levier relativement réduit. Lors du LBO de 2006, la dette brute de 200 millions se comparait à un Ebitda de 30 à 35 millions. Le ratio de dette sur Ebitda a été réduit à 2,4 fois et la société remboursera d’ici à fin 2013 la tranche A de ses prêts.
Une fois repoussé le mur de la dette, LBO France devrait lancer dans les 12 à 18 mois le processus de vente de l’ex-filiale de services aéroportuaires de Vinci, selon des sources proches du dossier. Worldwide Flight Services dégage en rythme de croisière une quarantaine de millions d’euros d’Ebitda pour un chiffre d’affaires de 500 millions.
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