LBO France restructure une deuxième fois la dette de Consolis
Le fonds injecte 45 millions au capital du fabricant d'éléments en béton. La dette nette va être réduite de 760 à 300 millions d’euros
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Alexandre Garabedian
LBO France espère que la deuxième fois sera la bonne. Le fonds d’investissement vient de boucler la restructuration financière de l’une de ses participations, Consolis, la deuxième en deux ans pour le producteur d’éléments en béton. Au terme d’une procédure de conciliation, la réorganisation vient d’être homologuée par le tribunal de commerce. Mayer Brown a conseillé LBO France; Lazard et Ayache Salama, la société; Houlihan Lokey et Bredin Prat épaulaient les créanciers, et Stephenson Harwood le management.
Les éléments de la restructuration, révélés hier par Capital Finance, ont été confirmés à L’Agefi par plusieurs proches du dossier. Les prêteurs vont prendre plus de 50% de perte. La dette nette de Consolis, qui atteignait 760 millions d’euros, va ainsi être réduite à 300 millions, ce qui représenterait encore un peu plus de 5 fois l’Ebitda, tombé à 75 millions d’euros l’année dernière.
Selon les données de Bloomberg, la liste des créanciers seniors, mise à jour lors de la restructuration de 2011, comportait au moins une trentaine de membres, comme KBC, ING, BNP Paribas, la Société Générale, Natixis, et des fonds de crédit tels que Harbourmaster. La nouvelle dette comportera une seule tranche remboursable in fine en 2017 (sauf une part amortissable de 15 millions à 2015) avec des marges de 100 points de base en cash et 300 pb en pay-in-kind (PIK).
L’accord prévoit aussi une recapitalisation de Consolis, à hauteur de 90 millions d’euros. LBO France en prendra 45 millions d’euros à sa charge, après avoir déjà mis 35 millions lors de la première restructuration de 2011. Le fonds de dette de HIG, Bayside Capital, et un pool de prêteurs historiques injecteront chacun 22,5 millions d’euros. «Il y a un alignement des intérêts avec une clause de retour à meilleure fortune pour les prêteurs, note une source proche. Consolis aura désormais une très grande liquidité».
Le dossier est un cas d’école pour les LBO: une transaction à 940 millions d’euros signée fin 2006, juste avant la crise, une société positionnée sur un secteur (le bâtiment) et des marchés (France, Belgique) qui souffrent, et une première restructuration qui a surtout rééchelonné la dette avec l’espoir d’une reprise économique. Dans le portefeuille de LBO France, une autre ligne, Terreal, affiche un profil quasi identique. Le fabricant de tuiles négocierait lui aussi une deuxième restructuration après celle de 2009, selon des sources financières. Le fonds ne commente pas.
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