LBO France et Deutsche Bank vendent des logements EDF pour 1 milliard d’euros
Ce sont 7.600 maisons réparties sur 450 sites proches de centrales EDF qui ont changé de mains pour 1 milliard d’euros. La cession du portefeuille Selec, annoncée hier, est la plus importante en France depuis 2009. Icade avait alors vendu, pour 2 milliards d’euros, 25.000 appartements de la région parisienne à la Société nationale immobilière.
LBO France et Deutsche Bank Asset & Wealth Management, propriétaires de Selec à 54% et 46% depuis 2006, ont cédé le parc à TwentyTwo Real Estate, un nouveau gestionnaire londonien qui réalise ainsi sa première transaction. Ce dernier agit à parité pour le compte des clients de la boutique parisienne Massena Partners, spécialiste des particuliers fortunés, et de la société américaine Farallon Capital Management, tournée vers les institutionnels.
A contre-courant de la morosité du marché résidentiel et des craintes liées à la loi Duflot, «nous avons été séduits par le fait que le parc a un locataire de qualité, EDF, avec des loyers protégés contre l’inflation. Ces biens destinés à des familles sont répartis sur tout le territoire et bien entretenus, déclare Claude Lutz, directrice générale de Massena Partners. Nous comptons aussi poursuivre la vente d’une partie des logements avec Scaprim, l’intermédiaire actuel».
«Nous étions arrivés à la fin d’un cycle après avoir vendu 25% du parc à la découpe depuis notre investissement, en 2006 », indique Stéphanie Casciola, responsable des fonds immobiliers chez LBO France, sans communiquer sur le montant de la plus-value. L’opération, de gré à gré, a été initiée par Daniel Rigny, le fondateur de TwentyTwo. Cet ancien de Deutsche Bank connaît bien le portefeuille qu’il avait acheté pour le compte de la banque et suivi jusqu’en 2007, après son transfert à RREEF, le gérant immobilier du groupe.
«Nos discussions ont débuté au printemps 2012, en pleine crise de la zone euro. En parallèle, j’ai cherché des investisseurs pour constituer le tour de table et collaboré au refinancement de Selec, bouclé en mars dernier», explique Daniel Rigny. La dette de 2006 s'élevait à 960 millions d’euros, et était très supérieure aux fonds propres. Cette fois, «le manque de liquidités sur le marché bancaire français nous a amenés à procéder à un refinancement hypothécaire de 620 millions d’euros à 5 ans arrangé par Natixis, dont 60% ont été titrisés et placés par BNP Paribas auprès d’investisseurs institutionnels», précise Stéphanie Casciola.
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