L’Australie et la Suède concentrent les risques immobiliers les plus importants
A l’origine de la crise financière, le marché immobilier montre à nouveau des signes de surchauffe dans certains pays. «Dans les années qui ont suivi 2008, la croissance des prêts immobiliers s’est reprise dans la plupart des économies avancées. Plus important encore, la part des prêts immobiliers dans les prêts totaux accordés par les banques au secteur privé non bancaire a augmenté en moyenne depuis la grande récession», indique l’institut de recherche Oxford Economics dans une étude récente.
Après un brutal coup d’arrêt, les prêts immobiliers connaissent une phase de reprise depuis 2014. C’est notamment le cas aux Etats-Unis, au Canada, au sein de la zone euro, au Royaume-Uni et en Suède, où la production a accéléré par rapport à la période 2011-2013 mais reste en dessous de ses niveaux de 2008-2010.
Plusieurs exceptions existent. En Allemagne et aux Pays-Bas, qui n’ont pas été frappés par la correction de 2007, le rythme de hausse des prêts immobiliers a accéléré progressivement pour atteindre environ 4% et plus de 5% depuis 2014 et ainsi dépasser celui de la France, de l’Italie, de la moyenne de la zone euro et du Royaume-Uni. A contrario, la France et l’Italie connaissent un ralentissement régulier depuis 2008, alors que l’Espagne s’enfonce en zone de contraction. «La résistance des prêts immobiliers s’explique par le manque de deleveraging (en dehors des Etats-Unis), l’extrême faiblesse des taux d’intérêt, ainsi que la différence de maturité entre prêts immobiliers et non immobiliers qui simplifie le processus de deleveraging des banques», explique Oxford Economics.
Certains pays frôlent la surchauffe. La part des prêts immobiliers dans les prêts bancaires totaux accordés au secteur privé non bancaire est revenue sous le seuil des 30% en Italie et reste limitée à environ 40% dans la zone euro en général hors Italie, et en Allemagne. En revanche, elle dépasse les 50% aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en Suède et en Suisse. Aux Etats-Unis, elle a reculé d’un niveau de 64% en 2006 à 57% fin 2015. Dans ce contexte, Oxford Economics estime que l’Australie, où la RBA a réactivé son cycle d’assouplissement monétaire et risque d’alimenter la bulle, et la Suède, où la Riksbank devrait augmenter ses taux et la faire exploser, concentrent les risques les plus importants.
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