L’assouplissement des contraintes prudentielles profite aux RMBS
Le Comité de Bâle vient de donner un coup de pouce au marché des titrisations adossées à des crédits hypothécaires résidentiels (RMBS). Il a proposé d’en considérer certaines comme éligibles au ratio de liquidité à court terme (LCR) que devront respecter les banques à partir de 2015. L’assouplissement est salué même si les spécialistes de la titrisation redoutent des régulations toujours pénalisantes pour la classe d’actifs.
Signe que l’annonce du Comité de Bâle attise l’appétit pour les RMBS, les spreads se sont resserrés, notamment sur les papiers hollandais. L’idée d’élargir la liste des actifs éligibles au LCR est de longue date défendue par des lobbys, comme la Global Financial Markets Association (GFMA) qui s’est aussitôt félicitée de la nouvelle.
Ian Bell, directeur du secrétariat PCS, qui gère le label des titrisations de qualité, y voit une première avancée. Cependant, il estime que le comité de Bâle aurait pu reconnaître davantage d’actifs: «pourquoi les RMBS seulement? Les prêts à la consommation, les prêts aux PME, les cartes de crédits sont des classes d’actifs en titrisation dont la performance a été excellente à la fois en Europe et aux Etats-Unis?». Il espère que le label PCS servira un jour de référence pour déterminer les actifs de qualité dans la réglementation.
Pour le moment, le Comité de Bâle a publié plus de détails sur les RMBS éligibles. Ceux-ci se verront appliquer une décote de 25% dans le calcul du ratio. Les titrisations comme leurs actifs sous-jacents ne devront pas être issus de la banque soumise au LCR. Les RMBS devront être notés au moins AA, respecter des critères de liquidité et être soumis à des règles de rétention du risque.
Les actifs sous-jacents devront aussi avoir un ratio d’endettement (loan to value) maximum de 80% à l’émission. «Un grand nombre de transactions hollandaises pourraient donc être exclues du fait des LTV très importants des portefeuilles sous-jacents à l’émission», réagit Henri de Mont-Serrat, chez Natixis. L’analyste regrette aussi que d’autres classes d’actifs comme les ABS auto n’aient pas bénéficié de l’assouplissement.
La définition du LCR n’était pas le seul sujet d’inquiétude pour les spécialistes du secteur. Ils se préoccupent aussi des exigences en capital proposées par le Comité de Bâle en décembre et des contraintes de Solvabilité 2, toujours en discussion.
{"title":"","image":"79182»,"legend":"titrisations»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les dépréciations de goodwill du CAC 40 restent rares
En 2025, les entreprises de l’indice ont seulement enregistré 1,3 milliard d’euros de dépréciations, un niveau qui reste très bas. Le montant de goodwill poursuit sa légère décrue à 440 milliards d’euros. -
Continental parachève son recentrage sur les pneumatiques
L’équipementier automobile allemand a signé un accord avec Lone Star en vue de lui céder sa filiale ContiTech pour un montant plancher de 4 milliards d’euros. -
EasyJet accepte de se faire racheter par Castlelake
La compagnie avait rejeté l’offre du fonds d’investissement à quatre reprises. La dernière proposition, à 5,5 milliards de livres, a finalement été acceptée.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable