L’Assemblée entame l’examen de la loi Pacte
Le plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) a démarré hier son parcours législatif devant la commission spéciale de l’Assemblée avec l’audition de Bruno Le Maire. Suivront dès aujourd’hui des débats article par article avant un premier examen en séance à la fin du mois. «Je crois que c’est indispensable de redonner un coup de ‘booster’ à la croissance française», a déclaré le ministre de l’Economie, interrogé sur LCI à propos du projet de loi. «Notre tissu d’entreprises françaises, de TPE, de PME est trop fragile. Nos entreprises sont trop petites, elles n’innovent pas assez», selon le ministre pour lequel «on doit leur donner les moyens de grandir, d’innover, d’exporter». D’après une note du Trésor évoquée dès juin par Bruno Le Maire et finalement publiée hier, trois des dispositions de la loi, qui compte 73 articles, pourraient permettre de gagner près d’un point de PIB sur le long terme et 0,3 point d’ici 2025.
Incertitudes importantes
Le Trésor s’est penché sur le lissage des seuils sociaux, la suppression du forfait social pour les entreprises de moins de 250 salariés et la réforme du droit des faillites. L’étude se concentre sur «l’allègement du coût du travail» induit par ces mesures et ses conclusions «sont entourées d’incertitudes importantes», précise toutefois le Trésor. Sur les trois dispositions étudiées, c’est celle sur le forfait social qui a le plus d’impact d’ici 2025, à hauteur de 0,2 point de PIB. La mesure devrait conduire «à une augmentation des montants d’intéressement versés, qui se traduirait par une hausse de la productivité et des rémunérations», d’après l’étude du Trésor, qui chiffre le montant supplémentaire d’intéressement versé à 2,5 milliards d’euros, principalement au sein des entreprises de moins de 50 salariés. Les réformes des seuils sociaux et du droit des faillites devraient rehausser l’activité de 0,05 point de PIB chacune d’ici 2025.
Sur le long terme, l’impact du lissage des seuils sociaux reste limité à 0,05 point de PIB, tandis que la suppression du forfait social permet de gagner 0,4 point de PIB. En ce qui concerne la réforme du droit des faillites, qui introduit dans le droit français un mécanisme d’application forcée interclasse d’un plan de restructuration, le Trésor anticipe un gain de productivité de 0,5 point. Mais «les effets de la hausse de la productivité seraient potentiellement forts à terme, mais lents à se matérialiser», note l’étude, qui chiffre l’impact à long terme à 0,45 point de PIB.
Plus d'articles du même thème
-
Jerome Powell a su rester droit dans les tempêtes
Son mandat de président de la Fed se termine ce vendredi 15 mai. Il aura fait l’objet de critiques sur son biais plus «accommodant» en 2021. Des critiques cependant plus faciles a posteriori au vu de la complexité des chocs exceptionnels auxquels il a été confronté depuis 2020. Et que le banquier central a réussi à piloter en évitant les récessions. -
Le Japon doit gérer une relance économique sous contrainte démographique
Le rapport de l’OCDE sur l’économie japonaise recommande une politique de modernisation afin de stimuler la croissance et la productivité d’un pays vieillissant et en manque de main-d'œuvre. -
La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Donald Trump se rend en Chine durant deux jours pour rencontrer Xi Jinping. C’est un moment clé pour apaiser les tensions commerciales ou géopolitiques mondiales. Mais il est difficile d’en imaginer l’issue tant le rapport de force entre les deux pays s’est rééquilibré depuis la guerre tarifaire et le conflit en Iran.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Nigeria : un chef de l'EI tué lors d’une opération impliquant l'armée américaine
L’opération militaire américaine, conjointe avec les forces armées du Nigeria, visait Abu-Bilal al-Minuki, présenté par Donald Trump comme le numéro deux de l'EI dans le monde -
Israël et le Liban prolongent le cessez-le-feu de 45 jours
Tel Aviv et Beyrouth se sont accordés sur une extension de quarante-cinq jours du cessez-le-feu. Celui-ci n’a pas arrêté les combats entre l’État hébreu et le Hezbollah -
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes