L’annonce de Pfizer provoque une agitation extrême sur les marchés
Soulagement et euphorie. Les marchés financiers ont connu lundi une séance historique. Alors qu’ils savouraient la victoire de Joe Biden, gage d’un peu plus de stabilité politique, les marchés actions se sont littéralement envolés en début d’après-midi avec l’annonce par Pfizer d’avancées extrêmement prometteuses pour son vaccin anti-covid. Le CAC 40, qui est passé en une demi-heure de 5.032 à plus de 5.300 points, a fini en hausse de 7,57% à 5.336,32 points. Même folie ailleurs en Europe, avec un FTSE 100 et un DAX 30 en hausse de près de 5%.
La Bourse de New York est également en très forte hausse. Vers 17h30, le Dow Jones (DJIA) gagnait 3,8% et l’indice élargi S&P 500 progressait de 3,5%. Le Nasdaq Composite avançait de seulement 0,9%, freiné par le repli de certaines valeurs technologiques qui avaient le plus profité de la période de confinement et de la restriction des déplacements. Peu après l’ouverture, le Dow Jones et le S&P 500 avaient atteint de nouveaux records historiques en séance.
Rotation sectorielle express
L’annonce de Pfizer et de son partenaire allemand BioNTech a provoqué une rotation sectorielle d’ampleur. A Paris, alors qu’un groupe comme Air France-KLM voyait son titre bondir de plus de 30%, les valeurs défensives qui avaient le plus profité de la pandémie, comme Eurofins, perdaient plus de 10%. Même mouvement de balancier à New York, avec un bond de 10% pour Boeing et une chute de près de 20% pour Zoom, la valeur symbole de ces derniers mois de télétravail. Les valeurs bancaires sont également en forte hausse.
Le marché du pétrole jubile également, avec des cours en hausse de près de 10%. « Pour le pétrole, cela signifie qu’au cours de la période 2021-2022, la demande reviendra entièrement à la normale », estime Bjarne Schieldrop de SEB Markets, ajoutant que cette situation « permettra à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de maintenir ses limites de production jusqu'à ce la solution [la vaccin, ndlr] arrive sur le marché ».
Les investisseurs obligataires, eux, font grise mine. Alors que les rendements européens, y compris ceux des pays du sud, avaient débuté la séance à des niveaux historiquement bas pour certains, la tendance s’est brusquement inversée avec l’annonce de Pfizer. Les rendements à 10 des OAT ont repris 10 points de base post-Pfizer, à -0,25%, tout comme ceux du Bund ou des BTP italiens.
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